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Berlusconi ne lâchera rien avant 2013

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Berlusconi ne lâchera rien avant 2013

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Silvio Berlusconi en toute décontraction avant de demander aux députés de lui renouveler leur confiance…ou l’art de tourner en dérision les problèmes qu’il affronte. C’est son crédo. C‘était le 51ème vote de confiance en trois ans. Son gouvernement a été mis en minorité 90 fois. Et quand on lui demande de démissionner: “ Nous répondons clairement que jamais et surtout pas en ce moment, nous n’accéderons à cette demande dit-il. Pas parce que nous voulons garder notre pouvoir mais à cause de notre conviction que ce gouvernement n’a pas d’alternative crédible.”

En tout cas, l’alternative, hier avait préféré quitter les bancs du Parlement plutôt que d‘écouter le énième discours d’un président du Conseil en fin de vie politique.

Car s’il a toujours réussi jusque là à sauver sa peau, à renaître politiquement de ses cendres, le Cavaliere, cette fois, à 75 ans et avec une image désastreuse, pourrait bien ne jamais revenir après 2013. Sa coalitiion n’est plus que l’ombre d’elle-même. La fronde est dehors mais aussi dans ses rangs.

Les dissensions sont ainsi très fortes avec son ministre de l’Economie Giulio Tremonti à qui il reproche trop d’autonomie alors même que celui-ci est peut-être vu à l‘étranger comme la seule valeur sure du gouvernement. A 24%, sa cote de popularité en 8 ans à la tête du gouvernement n’a jamais été aussi basse.

Les indignés italiens campent depuis plusieurs jours sur la place de la République à Rome. 200.000 sont attendus samedi pour une grande manifestation. La colère des Italiens n’en finit pas. En cause, l’austérité et la mauvaise gestion du pays tout autant que le comportement de Berlusconi.

Dans la ligne de mire des marchés, l’Italie croule sous une dette colossale: 1900 milliards d’euros soit 120% du PIB. Le déficit atteint 4%. La croissance est au point mort et le chômage élevé atteint des records parmi les jeunes à 25%.

Il y a 10 ans, l’Italie était l’une des premières économies européennes. La politique économique du Cavaliere n’arrange pas sa réputation et inversement. Celle-ci nuit à l‘économie de l’Italie, les investisseurs tournant peu à peu le dos au pays car ils n’ont plus confiance.

Empêtré dans des scandales et procès, Silvio Berlusconi n’en finit pas de choquer l’opinion publique. Le Berlusconisme s’il survit jusqu’en 2013 ne semble plus qu’un empire décadent…

“Ce vote de confiance ne traduit pas une stabilité à durée indéterminée”

Duplex Sergio Romano, éditorialiste au Corriere della Sera.

Euronews, Manuela Scarpellini

“Le gouvernement Berlusconi a obtenu la confiance pour la 51ème fois. Mais il reste divisé et avec un leader affaibli par les scandales et les procédures judiciaires.

Nous parlons de cette situation avec Sergio Romano, diplomate, historien et éditorialiste au Corriere della Sera.

Le gouvernement a obtenu la confiance mais de justesse. Comment peut-il continuer à aller de l’avant ?

Sergio Romano

“Avant tout, pas vraiment de justesse : 316 voix est exactement l’objectif que Berlusconi s‘était fixé.

Cela représente un bon résultat. Tout compte fait, le gouvernement continue et il continue à avoir une majorité mais le problème c’est qu‘à l’intérieur de ce gouvernement il y a des courants très

importants qui commencent à douter de Berlusconi et qui commencent à penser que leur avenir avec Berlusconi est incertain. Il n’est pas dit que ce vote de confiance se traduise par une stabilité à durée indéterminée.

Euronews

Berlusconi a obtenu la confiance de la chambre, mais aura-t-il celle des marchés ?

Sergio Romano

Il n’y a pas beaucoup de rationalité dans les marchés. Nous ne devons pas attendre des marchés des indications rationnelles, il faut se demander plutot qu’est ce qui pourrait arriver le jour ou Berlusconi doit tomber. Même dans ce cas, probablement, les marchés auraient une réaction de perplexité et de specticisme. Ils commenceraient à penser de nouveau que l’italie est encore en crise. Non, le problème est fondamentalement italien, ce n’est pas un problème des marchés sur lesquels on a une influence limitée.

Euronews

Du point de vue de l’Europe et du monde ce vote donne selon vous plus de crédibilité à l’Italie ?

Sergio Romano

L’Europe doit necessairement traiter avec ceux qui dirigent l’Italie en ce moment particulier. Probablement, si on change Berlusconi cela renforcerait la crédibilité de l’Italie car il représente un problème sans aucun doute et je pense que la majorité des italiens en est consciente.

Euronews

Ce vote suffira-t-il à relancer l’italie et lui permettre d’affronter les grands défis auxquels elle est confrontée ?

Sergio Romano

Je crois que Berlusconi pense à des élections anticipées au printemps prochain. Il ne faut pas oublier – chose difficile à comprendre peut-être en dehors de l’Italie – que nous avons un référendum en cours pour en finir avec la loi électorale actuelle qui plait à Berlusconi et Bossi car elle leur permet de contrôler leur parti.

Si la cour constitutionnelle italienne décide que ce référendum est légal, Berlusconi n’a pas d’autres solutions, d’autres altermatives que le recours aux élections anticipées car il préfère aller aux urnes avec cette loi plutot que d’attendre qu’on la révoque car elle lui convient”.