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Présenté par Alex Taylor

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“En Europe, c’est vraiment la pagaille, estime Alex Taylor, d’euronews. En 2009, nous avons élu 736 députés au Parlement européen. Que font-ils, justement, ces députés ? Pour répondre à vos question, qui mieux que le président de ce Parlement, ici à Bruxelles, Jerzy Buzek. D’abord, Monsieur Buzek, comment se prononce votre nom en polonais ?

Jerzy Buzek :
Buzek.

Alex Taylor, euronews :
En fait, comment se prononce votre prénom ?

Jerzy Buzek :
Oh, mon prénom est Jerzy.

Alex Taylor :
Bien, si vous êtes prêt, alors nous allons commencer cette émission sur euronews avec la première question.

Gregory, téléspectateur italien :
Je voudrais demander au président Buzek quelles sont les mesures prises par le Parlement européen pour enrayer la crise économique.

Alex Taylor :
C’est une vaste question. Dans ce dossier, est-ce que vous faites autre chose que simplement avoir des débats ?

Jerzy Buzek :
Notre travail le plus important, c’est de restaurer la crédibilité à la fois du côté des citoyens et du côté des marchés financiers et des investisseurs.

Alex Taylor :
Mais comment faites-vous ? Est-ce simplement de la communication ?

Jerzy Buzek :
Et bien par exemple, nous avons réduit les bonus des banquiers, nous avons adopté ce qu’on appelle le “six-pack”, qui impose automatiquement des sanctions aux pays afin que soit préservé le pacte de stabilité. Autre point important : la défense de l’euro en tant que monnaie de l’union européenne. C’est en lien avec la forte solidarité et le soutien apportés à la Grèce. Nous devons soutenir la Grèce. Il faut le dire : il est essentiel pour tous les citoyens de tous les pays que la Grèce puisse faire face à cette situation.

Alex Taylor :
Mais soutenir de quelle manière ? En forçant les gens à donner de l’argent à la Grèce ? Ou bien en faisant un effort de communication ?

Jerzy Buzek :
Et bien, en favorisant les contacts entre les membres, les 17 pays membres de la zone euro, nous pouvons créer une atmosphère propice à aider la Grèce. Je pense qu’il est très important également de trouver une solution. Nous pouvons interpeller M. Juncker – c’est ce qu’on a fait la semaine dernière au Parlement européen. On peut aussi interpeller M. Trichet. Ce sont eux qui gèrent les problèmes au sein de la zone euro. On peut les appeler à défendre la monnaie européenne, parce que l’euro est important pour nous tous. C’est une des très grandes réussites de l’Union européenne.

Alex Taylor :
Passons à présent à une autre question, adressée à M. Buzek, ici à Bruxelles.

Fernando, téléspectateur espagnol :
Compte-tenu de la situation actuelle liée à la crise de la dette dans certains pays du sud de l’Europe, notamment la Grèce, comment se fait-il qu’on n’ait rien vu venir ? Pourquoi ne pas réaliser une plus grande intégration fiscale dans la zone euro ? Et pourquoi ne pas l’avoir fait il y a dix ans ?

Alex Taylor :
Voilà en gros ce qu’il dit : le problème, c’est que nous aurions dû faire plus d’Europe avant qu’il ne soit trop tard.

Jerzy Buzek :
Oui, c’est vrai ! Le Parlement européen a toujours essayé d’instaurer une meilleure coordination, une meilleure intégration dans l’Union européenne. Et je pense qu’on devrait en parler encore davantage avec les Etats-membres, parce qu’au départ, de nombreuses décisions doivent être prises par les Etats-membres. Cela permettrait ensuite aux institutions communautaires comme la Commission ou le Parlement, d’agir beaucoup plus librement.

Alex Taylor :
Vous avez le système de ‘co-décision’, n’est-ce pas. Dites-nous un peu quel est le pouvoir du Parlement européen.

Jerzy Buzek :
La ‘co-décision’, c’est entre le Parlement européen et le Conseil, autrement dit, les ministres. Mais le Traité de Lisbonne a instauré une sorte de nouvelle institution : le conseil européen, doté d’un président permanent, en la personne de monsieur Van Rompuy. C’est une institution très solide. Aujourd’hui, de nombreuses décisions dépendent de ce Conseil européen. Il en va de même avec la coopération entre les institutions européennes. Il est fondamental que les gouvernements, les chefs de gouvernement, les premiers ministres, les présidents, les chanceliers apportent leur soutien aux institutions européennes, et se plient aux règles communautaires, afin qu’il n’y ait pas de divisions entre nous. Par exemple, il y a la zone euro avec ses 17 membres, et le reste de l’Union européenne. Et au niveau du parlement européen, notre rôle est de défendre l’ensemble des pays, c’est-à-dire les 27 Etats-membres.

Alex Taylor :
A présent, une autre question pour le président du parlement européen…

Estrela, téléspectatrice espagnole :
Puisque l’Europe intervient dans les économies de certains Etats-membres, j’aimerais savoir s’il est prévu d’améliorer la transparence en ce qui concerne le coût que représentent les euro-députés et toute la bureaucratie européenne, y compris les secrétaires et tout reste du personnel.

Alex Taylor :
On a un peu l’impression de ne pas forcément savoir comment ça se passe dans ce parlement…

Jerzy Buzek :
La bureaucratie n’est pas si importante que ça. Seulement 5% du budget européen est consacré à l’administration. C’est très peu. C’est beaucoup moins que ce qu’on trouve dans n’importe quel budget national. Autre point : la transparence. Les compte-rendu de toutes nos réunions, que ce soit les séances plénières ou les travaux en commissions, tout cela figure sur internet. On trouve cela aussi dans les bureaux européens dans chaque Etats-membres. Nous avons un centre de visite ouvert à tous. Et puis nous avons un code de conduite, qui impose une plus grande transparence à chaque euro-député. Les éventuels conflits d’intérêts seront mentionnés de manière explicite. Idem pour les déclarations d’intérêts. Tout ceci est très important. Il y a certains points que nous avons dû changer, car le Traité de Lisbonne nous a conféré des pouvoirs encore plus importants.
Mais nous devons faire encore davantage en matière de transparence et dans toutes ces questions-là.

Alex Taylor :
Pensez-vous qu’il y aura toujours deux sièges pour le Parlement, à Strasbourg et à Bruxelles, dans dix ans ou dans vingt ans ? Parce que ça coûte beaucoup d’argent…

Jerzy Buzek :
Cela dépend des Etats-membres. Je pense que la décision appartient au Conseil. Le Conseil peut interroger les dirigeants des Etats sur ce qu’ils peuvent apporter à l’Union européenne. Nous, au Parlement européen, on préfère prendre des décisions de manière communautaire. Parce que, à notre avis, dans bien des domaines, cette méthode est bien plus profitable aux citoyens. Notre devoir le plus important, c’est de défendre les citoyens et de répondre à leurs interrogations.

Alex Taylor :
Place, à présent, à une nouvelle question sur euronews, une question qui émane d’un citoyen européen.

Céline, téléspectatrice belge :
Je voudrais savoir ce que fait M. Buzek pour nous, dans la vie tout les jours. Merci.

Alex Taylor :
c’est une vaste question ! On connaît, par exemple, les droits des voyageurs. C’est affiché dans les aéroports. Il y a aussi des choses en matière d‘écologie. Dites-nous en une minute ce que vous faites pour améliorer nos vies.

Jerzy Buzek :
Et bien, nous avons au Parlement européen, une responsabilité en matière démocratique. On essaye de voir ce qui est le plus important pour nos concitoyens. Par exemple, il y a quelque temps, nous avons diminué les coûts d’utilisation des téléphones portables, en abaissant le roaming, autrement dit les frais d’itinérance. C’est à présent trois fois moins cher qu’auparavant. On agit également beaucoup sur le marché unique européen. On essaie par exemple de voir comment lever les blocages qui empêchent les petites et moyennes entreprises d’accéder au marché européen.

Alex Taylor :
Est-ce que ce n’est pas, parfois, frustrant de ne pas pouvoir agir davantage en faveur des citoyens. Vous n’auriez pas envie d’en faire plus ?

Jerzy Buzek :
Prenons par exemple, le budget européen. Investir davantage pour la population, c’est de la responsabilité de l’Union européenne et notamment du parlement européen. Il y a aussi la question énergétique : comment relier les pays entre eux, en matière d‘électricité et de gaz, pour nous assurer une meilleure sécurité énergétique. Cela passe également par la question de l’achat de l‘électricité et du gaz en dehors de l’Union européenne. Notre action, c’est aussi de développer les technologies vertes, de les financer. Tout cela se décide au niveau du Parlement européen. Nous sommes responsable du budget européen. Parfois, on ne sait pas d’où provient l’argent, mais en tout cas, les décisions budgétaires relèvent du Parlement européen.

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