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Les grecs entre colère et défaitisme

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Les grecs entre colère et défaitisme

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Écrasée par le poids de la dette, l‘économie grecque s’enfonce dans la récession. A l’image du port d’Athènes, le Pirée, paralysé, le pays semble épuisé par une crise qui dure depuis 4 ans et dont on ne voit pas la fin.

“Nous, on essaie de vendre des tickets, mais il n’y a personne. Les gens veulent rejoindre leur destination, mais ils ne peuvent pas, tout le monde est fou, tout le monde…” se plaint ce vendeur de tickets au guichet.

Malgré la fatigue, et un défaitisme croissant, la majorité silencieuse grecque reste profondément en colère, comme l’est Vassiliki Angelatou. Après 24 ans passés comme chercheur à l’Institut d’Exploration Géologique et Minérale, son salaire a été diminué de 30% et le sera de 50% avec les nouvelles mesures d’austérité.

“Vous arrêtez toutes les dépenses, parce que vous ne savez pas ce qui va arriver demain, explique-t-elle. Ce n’est pas seulement les coupes de salaire, ce n’est pas que ça, c’est de ne pas savoir ce que demain va vous amener en plus… Parce que chaque jour, on vous annonce quelque chose de nouveau…”

L’angoisse et un sentiment d’injustice se sont invités chez cette famille de la classe

moyenne, submergée par les nouvelles taxes. Vassiliki est à bout : “Vous travaillez depuis tellement d’années, et vous vous sentez profondément insulté. C’est vraiment injuste, ce qui se passe. Ce n’est pas seulement nous, tout le monde. Vous vous dites pourquoi tout cela, surtout quand vous ne constatez aucun résultat.’‘

Ce désespoir a une répercussion sur la santé psychique des Grecs. La crise a aggravé les problèmes psychologiques déjà existants et déclenché de nouvelles difficultés dues au stress intense provoqué par les problèmes financiers.

“Il y a des gens au chômage qui ont des difficultés à dormir, ou ne dorment plus du tout, d’autres qui n’ont plus d’appétit, manquent de motivation, se sentent découragés, ne font plus rien, des gens qui sont en profonde dépression.“explique George Bouras, psychologue.

Des dépressions qui ont fait grimper les cas de suicides, selon une étude publiée lundi par The Lancet, au Royaume Uni.

Alexandre Kentikelenis, du Kings College, est co-auteur de l’ étude. “Nous avons pu avoir des rapports du ministère de la Santé et d’autres sources officielles selon lesquels le taux de 25% de suicide en 2010 en Grèce est passé à 40 % sur la première moitié de 2011” explique-t-il.

Le rapport signale aussi une augmentation de 50% des infections du VIH, la plupart dues a l’usage de drogues.