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"Le dossier Timoshenko peut être pris au niveau politique et au niveau pénal"

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"Le dossier Timoshenko peut être pris au niveau politique et au niveau pénal"

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Les ambitions de l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne devaient franchir une nouvelle étape cette semaine avec la visite du Président Viktor Yanukovich à Bruxelles. Mais les relations entre les deux parties se sont gâtées après l’emprisonnement du leader de l’opposition Yulia Timoshenko, et le déplacement a été annulé. Notre correspondant en Ukraine Sergio Cantone a rencontré le Président Yanukovich.

Euronews :
D’après les critiques qui viennent de l‘étranger à un niveau institutionnel et pas seulement au niveau de l’opinion publique : le système judiciaire dans ce pays n’est pas tellement indépendant et ils disent que vous en tant que Président, vous avez le pouvoir d’influencer ce type de décisions. Que répondez-vous ?

Viktor Yanukovich :
Les réformes du système judiciaire ne sont pas une source de déception pour les leaders européens. Il y a plus d’un an et demi nous avons commencé à nous intéresser à ces dossiers et nous avons étudié les décisions à prendre. Nous faisons cela dans le cadre du processus d’intégration à l’Union européenne. Ce que nous faisons est pour notre propre intérêt. Nous nous apercevons que notre système judiciaire a besoin d‘évoluer, de changer.

Euronews :
Si cette réforme est appliquée, peut-être Mme Tymoshenko sera-t-elle libérée ?

V. Yanukovich :
Le dossier Tymoshenko est assez controversé parce qu’il contient de nombreux cas non conformes à la loi. Il peut être pris à deux niveaux : l’un est politique et l’autre est pénal. Nous parlons d‘évasion fiscale ; nous parlons de pertes pour le budget national ; nous parlons du gaz qui n’est pas passé par la douane et qui n’est même pas arrivé en Ukraine. Nous parlons des pertes que le pays a subies.

Euronews :
Donc vous dites que l’Union européenne a tort quand elle critique l’Ukraine sur ce cas parce que l’impression c’est que de toute façon il y a d’autres raisons comme par exemple le fait que Tymoshenko a fermé une entreprise qui était très proche des intérêts de votre propre parti…

V. Yanukovich :
Dans le cas de Tymoshenko il est impossible d’arriver à une conclusion. Les conclusions ce sont les tribunaux qui vont les donner. Ici, on doit prendre en compte les cas judiciaires qui se sont produits à l‘étranger. Aux Etats-Unis c’est le cas de Lazarenko et en Russie c’est le cas du général Oliynic.

Euronews :
Les dirigeants européens semblent ignorer les allégations dont vous parlez. Parce qu’apparemment, ce dont on a discuté au procès portait en fait sur une signature, c’est donc ce qui est considéré comme une approche politique et non pas criminelle par la plupart des observateurs internationaux.

V. Yanukovich :
Je n’ai jamais utilisé ma position pour faire pression sur le législateur ou les tribunaux ukrainiens. Je souhaite à Tymoshenko de prouver son innocence. Si elle a commis une erreur, tout le pays en souffre, elle doit l’admettre. Si elle n’a pas payé ses impôts elle doit l’admettre et les payer. Et tout ça serait naturel. Par tous les moyens nous voulons le développement de l’Ukraine, son intégration et l’adoption des règles de l’Europe moderne.

Euronews :
Mais en fait ces accusations viennent de la communauté internationale n’est-ce pas ?

V. Yanukovich :
L’Ukraine doit commencer à changer pour s’améliorer et mettre la pression sur nous n’est pas le bon procédé. Nous procédons ainsi et ce processus s’améliore, il provoque déjà des changements positifs.