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Suisse : l'immigration au coeur de la campagne

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Suisse : l'immigration au coeur de la campagne

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Les Suisses face aux élections et un thème qui a dominé dans la campagne: l’immigration. La Suisse traditionnellement terre d’accueil revient régulièrement sur ce thème et d’autant plus depuis que l’UDC, le parti de la droite populiste, est devenu la principale force politique du pays.

Nouveauté, la contestation contre l’immigration ne touche plus seulement les immigrés traditionnels venus de pays en difficulté mais aussi les “riches” européens. Les accords bilatéraux entre la Suisse et l’Union européenne sur la libre circulation des personnes ont été étendus en mai à 8 nouveaux pays membres de l’Union, 25 ne sont désormais plus soumis aux quotas de permis ni à la préférence nationale pour le recrutement.

22.3% d‘étrangers en Suisse, un chiffre en constante augmentation. 2,9% de plus cette année dont 4% en provenance de l’union européenne + Islande, Lichtenstein et Norvège. 80 000 nouveaux étrangers arrivent chaque année dans le pays. Les communautés les plus nombreuses sont les italiens, les allemands, les portugais, et les français. Et la structure de cette immigration change: les immigrés diplômés sont de plus en plus nombreux : ils sont passéss de 21 à 56 % en 15 ans.

Une situation qui entraînerait du dumping salarial, des hausses de loyers et un engorgement des infrastructures.

Du pain béni pour l’UDC, en pleine crise économique même si celle-ci touche très peu la Suisse. Mais les inquiétudes sont là. L’immigration c’est son cheval de bataille. L’an dernier elle était à l’initiative d’un référendum sur le renvoi des étrangers coupables d’infraction qui a obtenu une majorité de oui. Cette année, elle plaide pour l’arrêt de l’immigration massive. Yvan Perrin, vice président de l’ UDC: “On n’est pas obligés de retomber dans les travers du passé, on peut très bien imaginer un permis de séjour souple. Les Etats-Unis, l’Australie, le Canada qui sont des grands pays d’immigration ne manquent pas de main d’oeuvre et connaissent des systèmes similaires.”

Paradoxe, la main d’oeûvre étrangère en Suisse est considérée comme essentielle pour soutenir l‘économie nationale. Mais dans un pays où les logements deviennent un bien rare et les infrastructures sont débordées, l’opinion publique se cristallise sur ces nouveaux immigrants et les revendications de l’UDC trouvent un écho favorable.

Et pour compléter ces craintes, il y a les projections des statisticiens : de 7 millions d’habitants, la Suisse pourrait passer bientôt à 10 millions…