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Ennahda, entre peur et espoir

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Ennahda, entre peur et espoir

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Le port du voile n’est plus considéré comme le signe absolu d’appartenance au parti islamiste Ennahda.

Combattu par le président Bourguiba, le parti est d’abord toléré par son successeur Ben Ali. Mais aux législatives de 1989, il est perçu comme une menace, le mouvement est alors laminé au cours des années suivantes, 30.000 militants ou sympathisants seront emprisonnés.

Un parcours qui pourrait expliquer l‘élan actuel de sympathie. “Beaucoup qualifient Ennahda de mouvement extrémiste explique Sawssan Omran, adhérente à Ennahda. Si c’était le cas, il aurait violemment réagi lorsque ses militants étaient persécutés et torturés. Du temps de Ben Ali, nous avons tenté d’adhérer à des thèses modernistes qui n’ont abouti à rien de concret”.

Mais Ennahda fait peur. Gauche laïque, artistes et syndicalistes dénoncent le double langage du parti qui se dit ouvert, civil et démocratique. Ils l’accusent d’entretenir une relation ambiguë avec les salafistes. Et de dénoncer des événements qui inquiètent comme l’attaque contre un cinéma, ou encore l’intrusion sur un campus universitaire.

« Le mouvement Ennahda fait face à un véritable test, car les Tunisiens attendent de lui une mutation profonde en phase avec l’étape que traverse actuellement le pays souligne Slaheddine Jourchi, chercheur spécialiste des mouvements islamistes. Mais la véritable épreuve est celle de l’exercice du pouvoir. Ennahda est en train de quitter son statut d’opposant vers celui de partie prenante du pouvoir, et peut être dans le futur gouvernera-t-il le pays”.

Les Tunisiens se reconnaissent bien dans leur héritage islamique loin des enjeux politiques explique notre envoyé spécial à Tunis, Sami Fradi. Sauf que les mouvances islamistes, de l’avis des analystes, ont intérêt à adhérer à des valeurs démocratiques, afin de concilier religion, et politique ».