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Quel effet aura véritablement l'accord européen ?

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Quel effet aura véritablement l'accord européen ?

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S’il rassure à court terme les marchés et les dirigeants du monde, l’accord européen arraché au forceps n‘écarte pas durablement les risques de contagion de la crise de la dette.

Pour les banques, l’heure est à une grande réorganisation entre le renoncement de 50% de leurs créances grecques et leur recapitalisation sans oublier le renforcement de leurs fonds propres. Objectif : éviter à tout prix une nouvelle crise bancaire et un assèchement du crédit comme en 2008-2009 et garantir des liquidités pour les entreprises, les ménages et … les Etats !

L’impact sur l‘économie réelle est lui aussi à juger sur la durée. La croissance européenne est quasiment atone dans la plupart des pays excepté l’Allemagne. Mais les plans d’austérité ou de rigueur, selon la dénomination choisie par les Etats, vont faire peser invariablement à court et moyen terme une contraction prononcée.

Pour les consommateurs, c’est la même chose. Confronté à des baisses de leurs salaires s’ils sont fonctionnaires, à celles de leurs pensions s’ils sont retraités et pour tous les autres aux augmentations de TVA et de taxes en tout genres voire à des pertes d’emplois, la fin de l’année 2011 sera rude et 2012 s’annonce aussi sous des auspices très sombres.

Les turbulences avant le calme ? A suivre…

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A lire aussi : Il faut se redonner du temps pour construire des politiques de croissance – Benjamin Coriat
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Nous sommes maintenant en duplex avec Trevor Williams, chef-économiste pour les marchés pour la Lloyds TSB Corporate à Londres. Trevor, ce sommet était le 14ème en près de deux ans depuis que l’Europe a promis d‘être solidaire de la Grèce. Le résultat répond-il selon vous aux attentes des marchés ?

Trevor Williams, Lloyds TSB Corporate :
“Je pense compte tenu des résultats et de la réaction initiale des marchés et de l’euro que l’on peut aisément dire oui, étant donné les attentes. Les marchés expriment leur satisfaction avec ce qui a été annoncé. Il y a un véritable défi à relever. Cet accord et les chiffres qui vont avec pour novembre et décembre voire plus tard sont-ils à la hauteur des enjeux et des attentes ?”

Stephan Grobe, Euronews :
Les banques ont été contraintes d’accepter une décote de 50% de leurs créances grecques pour éviter le scénario d’une faillite totale de la Grèce.

C’est ce que certains appellent les “pertes volontaires”. Les banques doivent aussi renforcer leurs fonds propres et se constituer de nouvelles réserves. Y a-t-il de bonnes nouvelles pour les banques ?

Trevor Williams, Lloyds TSB Corporate :
“Eh bien, je pense qu’il est difficile d’en trouver une. Peut être dans le communiqué final où on peut lire que ces mesures sont provisoires et que le renforcement des fonds propres est exceptionnel et liés à certaines circonstances et qu’une fois que cela ne sera plus nécessaire, alors les fonds propres pourront être réduits comme semble donc l’indiquer le communiqué final. Il y avait quelques lignes sur ce point mais globalement, ce ne sont pas des bonnes nouvelles pour les banques si l’on regarde de leur point de vue”.

Stephan Grobe, Euronews :
L’Europe ne peut retrouver sa position économique qu’en réglant la crise des dettes souveraines via la croissance. Selon vous, les Européens ont-ils créer les conditions pour y parvenir avec ces nouvelles contraintes bancaires ?

Trevor Williams, Lloyds TSB Corporate :
“La réponse la plus courte est non car la question à laquelle ont répondu les Européens c’est celle de la faillite grecque et de sa potentielle contagion et pour cela ils se sont assurés que les banques aient suffisamment de capitaux. Mais cela n’a pas changé

l‘équation économique. Les questions fondamentales n’ont pas été abordées, comme la compétitivité des pays européens ni leur croissance actuelle qui en cette fin d’année est très faible. Je pense que la première partie de l’année 2012 pourrait se traduire par une contraction notamment au premier trimestre”.

Stephan Grobe, Euronews :
Le géant pétrolier Shell a annoncé qu’il prévoyait de réduire ses investissements dans l’Union européenne car il doute des chances de reprise ?
Est-ce une opinion isolée ou cela peut-il faire des émules ?

Trevor Williams, Lloyds TSB Corporate :
“Clairement, nombres d’entreprises ne regardent plus vers l’Europe mais vers les autres parties du monde y compris les Etats-Unis et les marchés émergents voire au delà. Je dois dire qu’il y a beaucoup de pessimisme quant à la compétitivité de l’Europe dans son ensemble. Et la faiblesse de la croissance qui se maintient est clairement en cause pour tout le monde. Il s’agit de la réglementation, de l‘état du secteur bancaire, de savoir si ou non l’Union Européenne s’engage sérieusement à réduire les impôts sur les sociétés et à encourager le développement de telles politiques et il n’y a absolument rien dans le communiqué à ce sujet”.