DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'Europe attentive à la "nouvelle ère" qui s'ouvre en Tunisie

Vous lisez:

L'Europe attentive à la "nouvelle ère" qui s'ouvre en Tunisie

Taille du texte Aa Aa

10 jours après les premières élections libres qui ont donné la victoire au mouvement islamiste Ennahda, avec 41 pourcent des voix, les tunisiens sont partagés entre euphorie et incertitude. “C’est la première fois qu’on voit une chose pareille, que je vote pour le parti que je veux!” dit cet homme. “Ca m’inquiète beaucoup! Au niveau de l‘éducation, du travail, de la femme, de tout!” ajoute cette tunisienne.

En visite à Tunis, le président du Parlement européen a rencontré les dirigeants des principaux partis, avec une attention particulière à Ennahda. Jebali Hamadi, numéro 2 du parti, s’est imposé comme le visage modéré d’Ennahda après des années passées en prison sous Ben Ali. Pressenti comme futur Premier ministre, il a délivré un message rassurant à l’UE: “L’Etat doit être un Etat de citoyenneté, un Etat civil de citoyenneté, où tous les citoyens trouveront leurs droits, quelle que soit leur appartenance politique, confessionnelle etc. C’est donc un Etat garant des libertés individuelles et collectives, un Etat basé sur des institutions indépendantes.”

Pour le chef de la Mission européenne en Tunisie, ces élections représentent une grande avancée : «La grande différence maintenant, c’est que c’est un pays libre, et c’est ce que j’ai observé au cours des 9 derniers mois. Nous pouvons parler à beaucoup plus de gens, et aussi aux associations, aux dirigeants politiques, ce qui était impossible avant. À bien des égards, c’est aussi comme une nouveau souffle pour nos relations, et pour les Européens.”

Jerzy Buzek a salué l’engagement pris vis à vis du processus démocratique, il a voulu voir le parti Ennahda comme un modèle possible de démocratie islamique, comparable aux partis démocrates chrétiens européens, et parlé de nouvelle ère dans la coopération entre la Tunisie et l’UE: “Du coté de l’Union européenne, nous avons besoin que le succès soit au rendez-vous. La Tunisie pourrait avoir une place qui permette à notre coopération avec les pays arabes de porter les meilleurs fruits dans un avenir proche.”

Un nouveau gouvernement de coalition nationale sortira de ces élections, impliquant les principaux partis aux côtés de Ennahda. Les Tunisiens veulent désormais pouvoir juger les politiciens pour leurs actes.

“Tant qu’on a un peuple qui réfléchit et qui peut choisir son représentant, ça va. On n’a pas un problème avec la montée islamiste en fait. Tant que c’est modéré, ça peut passer…” assure ce jeune tunisien. “Moi, j’ai de l’espoir, je n’ai pas peur! Je pense que ça va aller. La Tunisie va rester un pays méditerranéen bien ouvert. Même si je pense qu’on a besoin que notre identité devienne souveraine, qu’on ait une identité. Mais elle se forgera petit à petit” rajoute cette étudiante.

Quelles que soient les questions de l’Europe, les résultats des élections alimentent en tous cas un débat ouvert, inédit en Tunisie. Forte de sa révolution, l’opinion se dit décidée à ne laisser personne décevoir ses attentes.