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Referendum en Grèce: un exercice démocratique à haut risque

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Referendum en Grèce: un exercice démocratique à haut risque

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George Papandréou joue-t-il son va tout ?

En annonçeant la tenue d’un referendum sur les mesures en faveur du sauvetage de la Grèce, le Premier ministre grec s’en remet au verdict populaire. Mais il est dans le même temps lié à l’accord obtenu la semaine dernière par les 17 membres de la zone euro.

Cette annonce, qui a pris de court tout le monde, retarde d’autant plus l’application de ce plan d’aide. On parle de début 2012, mais le scrutin pourrait être organisé d’ici la fin de l’année.

Suicide politique ou stratégie bien réfléchie, la pression est de plus en plus forte sur George Papandréou. Janis Emmanouilidis, du Centre

politique européen, un think tank indépendant basé à Bruxelles: “La décision du Premier ministre d’organiser un referendum est surprenante. Il est en train de tenter de désamorcer la situation mais la question est de savoir s’il va réussir. Si le referendum a lieu et qu’il est positif, cela ne signifie pas forcément le retour de la continuité politique et du calme en Grèce. Même après le referendum, le pays peut être politiquement instable.”

La cure d’austérité qui n’en finit pas, les grèves qui se multiplient, la colère qui gronde à Athènes et l’impression de mise sous tutelle européenne du pays: la situation est explosive et ce referendum devient un exercice démocratique à haut risque.

Car si plus de 72% des Grecs veulent rester dans la zone euro, ils sont 59% à s’opposer au dernier plan européen. Janis Emmanouilidis : “Le problème, et c’est un problème avec les referendums en général, c’est que les gens souvent ne répondent pas à la question qui est posée. Les gens disent souvent oui ou non à leur gouvernement, ils donnent un carton rouge à leur Premier ministre, et on ne peut pas l’exclure dans ce cas précis.”

George Papandréou ne peut même pas compter sur les siens. Dans ses propres rangs du Pasok, la fronde, les défections se multiplient alors que le Parlement est appelé ce vendredi à un vote de confiance à l’exécutif. Le temps est compté pour l‘économie grecque. Certains pensent qu’il l’est déjà pour le Premier ministre.