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Sommet WISE à Doha : comment réformer le système éducatif des pays arabes ?

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Sommet WISE à Doha : comment réformer le système éducatif des pays arabes ?

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Changer les sociétés, changer l‘éducation,

c’est le thème retenu par le WISE, le sommet mondial de l’innovation pour l‘éducation,

qui s’est tenu du 1er au 3 novembre au Qatar.

En toile de fond, la question des mutations sociales et politiques enclenchées par le Printemps Arabe, et l’impact de ces révolutions sur le secteur de l‘éducation.

Comment redéfinir les politiques ? Que réformer au sein du système éducatif ? Quels enjeux, quels défis guettent ces pays?

Ces débats ont pesé lourd à Doha.

“Je pense que le moment est venu de changer, on ne peut pas se permettre de revenir vers un système éducatif traditionnel. On doit s’assurer qu’on mettra en oeuvre les réponses appropriées aux besoins des jeunes, en termes de méthodologie et de pédagogie.” a déclaré la Première dame du Qatar Sheikha Moza Bin Nasse.

Redessiner l‘école du futur, faire le point sur les projets existants ou passer à la loupe de plus audacieuses initiatives… Avec ses 1300 spécialistes originaires de 120 pays, le sommet du Qatar confronte les pratiques et les points de vue. Il met aussi l’accent sur les projets innovants, posant la question du recours à la technologie, et du rôle qu’elle est amenée à jouer dans les réformes éducatives.

“L’innovation, ça ne veut pas dire qu’on change tout, on peut aussi s’inspirer de l’existant mais avec de nouvelles perspectives, avance l’ancien ministre jordanien de l’Education Tayseer Al Naimi.

C’est de cela que nous avons besoin dans la région et dans le monde arabe. On doit redéfinir tout un tas de choses, à commencer par nos priorités en matière d‘éducation, et les ambitions de notre système éducatif.”

Le printemps arabe aurait-il eu lieu sans internet? Difficile d’y répondre, mais la forte contestation de la jeunesse, et le rôle des réseaux sociaux dans sa capacité à mobiliser et à communiquer, ont été des facteurs déterminants dans le processus révolutionnaire.

A l‘écoute des revendications de cette jeunesse, les spécialistes de l‘éducation présents à Doha se sont notamment accordés sur l’importance de l’apprentissage de la citoyenneté et des principes démocratiques.

“Les étudiants devraient apprendre leurs droits et leurs devoirs, apprendre comment adresser une requête auprès des membres du gouvernement, comment s’organiser, communiquer, et comment investir l’espace civique”, estime Mohammad Faour, du Centre carnegie pour le Moyen-Orient.

S’engager sur la voie des réformes réclame aujourd’hui une volonté politique. Certains experts présents à Doha estiment que de nombreux pays arabes ont les ressources suffisantes pour impulser les changements, et dénoncent une mauvaise utilisation de ces fonds disponibles.

Autre enjeu, juguler le chômage des jeunes.

une ambition corrélée à la refonte du système éducatif. Les jeunes diplômés sans emploi ont en effet battu le pavé par milliers durant le printemps arabe.

Selon Mohamed Faraj, étudiant égyptien, le système éducatif doit aussi valoriser davantage le potentiel des jeunes :

“Les étudiants, dit-il, qu’il s’agisse du système scolaire ou universitaire, sont juste des récepteurs de savoir, ils ne participent pas. Ils peuvent avoir des idées brillantes, ils n’auront pas la chance d‘être entendus. On doit faire en sorte que leurs idées émergent.”

Comme Mohamed, Ils sont nombreux à proposer des pistes pour batir l‘école du futur, ce vaste chantier en devenir, et désormais inscrit comme priorité dans l’agenda du WISE.

Le sommet pour l‘éducation de Doha, qui récompense chaque année un projet éducatif innovant à hauteur de 500 000 dollars, a également annoncé qu’il aiderait à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans le secteur de l‘éducation.

Le Qatar s’engage ainsi à appuyer les projets visant la scolarisation de tous les enfants, l’un des nombreux cap des OMD d’ici à 2015.