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Carlos, figure du terrorisme international

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Carlos, figure du terrorisme international

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L’histoire de Carlos, de son vrai nom Ilich Ramirez Sanchez, se termine le 14 août 1994 lorsque les services de contre-espionnage français (DST) l’arrêtent au Soudan. Avant ce jour, qui marque le coup d’arrêt de son action, la vie de Carlos est rythmée par ses faits d’armes et attentats meurtriers.

Avant 1975, on ne connait pas grand-chose de la vie de celui que certains surnomment aussi « Le Chacal ». On sait juste qu’il milite dès l’âge de 15 ans dans la jeunesse communiste vénézuélienne et qu’il étudie à Londres puis à Moscou à la fin des années 1960. En 1970, Carlos a 21 ans. Dans un esprit révolutionnaire, il rallie la cause palestinienne. Il prend alors part à plusieurs attaques et assassinats pour le compte de Walid Haddad, un des dirigeants les plus radicaux du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Des crimes qui font des centaines de morts et que l’icône du terrorisme revendique ouvertement. « Les « dégâts collatéraux » des actions révolutionnaires, islamiques et nationalistes, sont bien moindre que ceux des bombardements « ciblés » de l’Otan » affirme-t-il au journaliste de Libération qui l’interroge en octobre dernier.

1975, point d’orgue de son combat

C’est la prise d’otage des ministres de l’OPEP qu’il mène en 1975 à Vienne en Autriche qui le fait connaître au monde entier. Cette opération spectaculaire fait la une des tous les journaux et fonde le « mythe Carlos ». La même année, il participe aux meurtres de deux policiers à Paris pour lesquels la justice française le condamnera à perpétuité en 1997. Les années 1970 sont aussi l’époque où Carlos créé sa propre organisation, l’ORI (Organisation de révolutionnaires internationalistes), composée notamment d’activistes allemands et orientaux. La RDA, la Hongrie et la Roumanie leur ouvrent leurs portes tout comme le Yémen, l’Irak et la Syrie où ils disposent de passeports diplomatiques. Au début des années 1980, trois attentats secouent la France. Carlos est soupçonné d’en être l’instigateur. Jusqu’en 1991, l’ORI multiplie les attaques meurtrières. Cette année-là la Syrie cesse de le protéger ; Carlos se réfugie alors en au Soudan, où le mythe tombe, pieds et points liés en 1994.

Révolutionnaire ou ivrogne ?

Aujourd’hui âgé de 62 ans, Ilich Ramirez Sanchez comparaît pour « complicité d’actes terroristes » en référence aux attentats qui ont frappé Toulouse, Paris et Marseille en 1982 et 1983. Il se dit « combatif, prêt à dénoncer les falsifications de l’instruction » et évite de répondre lorsqu’on lui demande s’il compte nier sa complicité dans les événements : « je n’ai pas l’habitude de faire des déclarations égocentriques, ni de jouer les petits jeux pitoyables de l’accusation à charge » déclare t-il dans Libération.
En 2010, le réalisateur Olivier Assayas a porté sur les écrans la vie de ce révolutionnaire vénézuélien marxiste. Dans son film, il retrace son parcours et met aussi l’accent sur une autre facette de Carlos. Celle d’un homme aux mœurs légères qui selon ses détracteurs s’intéressait plus aux femmes et à l’alcool qu’à la Palestine.