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Italie : les amendements à la loi de stabilité

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Italie : les amendements à la loi de stabilité

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Le départ de Silvio Berlusconi le chef du gouvernement italien passe par l’adoption dans les prochains jours des amendements à la loi de stabilité 2012 par le parlement italien : des amendements adoptés par le gouvernement Berlusconi sous la pression de l’Union européenne, de la BCE et du FMI.

Ce que le parlement italien va devoir voter concerne l‘âge de départ à la retraite qui va passer de 65 à 67 ans. L’Etat italien va devoir procéder à des privatisations de plus grande ampleur. La vente par l’‘Etat d’actifs financiers et immobiliers. Enfin, la réforme la plus controversée concerne l’emploi ou plus précisément les suppressions d’emplois : une opération à laquelle l’exécutif italien veut donner plus de souplesse.

Les représentants de l’Union européenne et de la BCE sont arrivés mercredi en Italie pour vérifier si le nouveau texte de la loi de stabilité pour 2012 est bien conforme à ce qui a été décidé il y a quelques jours.

Italie : “La pression des marchés pourrait accélérer le processus politique”

Les derniers développements politiques en Italie, commentés par Luigi Spinola, journaliste et analyste politique, au micro de Claudio Rosmino :

Claudio Rosmino : “Le premier ministre italien dit qu’il est prêt à démissionner seulement après le vote du nouveau plan d’austérité.

Approuver dans une période très courte les mesures réclamées par l’Union européenne et la banque centrale est-il réaliste ?”

Luigi Spinola : “La solution adoptée mardi par le président Napolitano est basée sur un calendrier assez strict. Techniquement, cela pourrait prendre deux semaines, ou bien jusqu‘à la fin du mois. D’un point de vue politique, il est clair que l’opposition veut en effet accélérer ce calendrier afin de mettre fin à l‘ère politique de Berlusconi. Dans le même temps, l’opposition sait très bien que le principal objectif politique et stratégique de Berlusconi pourrait être de démissionner le plus tard possible pour éviter un gouvernement de transition et pour qu’il y ait des élections anticipées. Tout cela est typique de la politique italienne, mais maintenant, le rythme de l’agenda italien est dicté par l’extérieur, par l’Europe et les marchés. Je pense que les marchés pourraient avoir une sorte d’effet d’accélération, la pression croissante des marchés pourrait accélérer le processus.”

Claudio Rosmino : “L’Italie a-t-elle assez de temps pour mettre en place ce difficile projet de réformes ?”

Luigi Spinola : “Oui, parce que ce plan n’est pas vraiment imposé par l’Europe ou les marchés. Ce sont des réformes bien connues des hommes politiques, et dont la mise en oeuvre était attendue depuis 20 ans.

Comme ce pays réagit toujours bien quand il y a des problèmes, je pense que ça va marcher. L’Italie a une base solide, c’est la troisième plus grande économie de l’UE. Donc mon seul conseil c’est d‘éviter les querelles politiques susceptibles de retarder la mise en œuvre de ce plan de réforme.

Claudio Rosmino : “Les marchés financiers deviennent de plus en plus nerveux, est ce que la situation pourrait devenir incontrôlable ?”

Luigi Spinola : “Il y a un risque réel. La crise italienne est assez influencée, heure par heure, par la tendance des marchés financiers et l‘écart de crédit croissant entre les obligations allemandes et italiennes. Mais je crois que c’est encore possible d’approuver ce paquet de réformes et de l’améliorer plus tard.”

Claudio Rosmino : “Le président Napolitano va décider de “l’après Berlusconi”. Quelle option pourrait rassurer les marchés : des élections anticipées, un gouvernement d’unité nationale ou bien un gouvernement de technocrates ?”

Luigi Spinola : “La meilleure option pour la présidence italienne et aussi Bruxelles semble être un large gouvernement de coalition, dirigé peut-être par une figure de proue comme Mario Monti, capable de mettre en œuvre des réformes. Je ne sais pas si le contexte italien permettrait ce scénario.”

Claudio Rosmino : “Pour finir, est-ce qu’on assiste au dernier chapitre de l‘ère Berlusconi, ou bien c’est juste la fin de sa carrière en tant que Premier ministre ?”

Luigi Spinola : “Berlusconi ces 20 dernières années a non seulement été le chef du principal parti de centre-droit italien, mais il a été aussi l’actionnaire unique du parti. Tous les autres dirigeants potentiels ou personnages talentueux ont été mis de côté. Si jamais il y avait un conflit sur les futures décisions de Berlusconi au sein de son parti, cela pourrait accélérer le processus de changement d‘élite.”