DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La presse française se penche sur le cas du démissionnaire Berlusconi

Vous lisez:

La presse française se penche sur le cas du démissionnaire Berlusconi

Taille du texte Aa Aa

“Surpris et triste”, Berlusconi a annoncé sa prochaine démission hier soir.
Le Monde relate bien sûr le récit de la journée mais le met pertinemment en perspective avec un chat daté du 14 juin dernier ! Réalisée entre le correspondant du journal à Rome, Philippe Ridet, et des lecteurs quelques jours après des votes défavorables à Silvio Berlusconi lors de quatre référendums, cette interview montre à travers de questions très variées que la chute de Berlusconi fut lente mais déjà bien entamée cet été. Pour Philippe Ridet, en juin déjà, “Les Italiens ne se reconnaissent plus dans Berlusconi“.

Libération, qui accorde un encadré de couleur en haut de sa une papier, a choisi comme Le Monde, de faire sa une web sur Silvio Berlusconi. L’article décrit les réactions positives des marchés à la journée d’hier. Selon le quotidien, l’Europe semble, elle, plus dubitative et enjoint l’Italie “à mettre fin aux ‘promesses en l’air’“. En illustration, une infographie de l’agence de presse Reuters montre qu’en trois ans, la courbe des taux d’emprunt accordés à l’Italie réagit au parcours politique et “judiciaro-people” du Cavaliere, augmentant par pic lors des scandales puis de manière spectaculaire depuis 2010.

Le Figaro, quant à lui, analyse les conséquences éventuelles en France et en Europe de la situation économique désastreuse du pays. En quatre questions, le journal explique la réaction “disproportionnée“ des marchés à la situation italienne, le risque de “contagion“ bien plus grand qu’avec la Grèce en raison du poids de l’économie italienne en Europe mais aussi l’exposition des banques françaises à la dette italienne et les solutions pour éviter la faillite de l’Italie.

Inversement, la Tribune, journal économique, préfère se concentrer sur le côté politique de la situation. Dans l’article Silvio Berlusconi : les raisons d’une démission, la Tribune revient notamment sur les promesses non tenues par le président du conseil : d’après le journal, el Cavaliere a échoué aussi bien à remplir ses “engagements électoraux [comme la] relance de la croissance“ ou une politique favorable aux femmes comme à mettre en œuvre son programme de réformes économiques pourtant mis noir sur blanc dans “une lettre de quinze pages adressée“ au Président du Conseil européen et à la Commission européenne. La Tribune dresse aussi le portrait d’un « showman » qui “A part Napoléon, […] ne voyait personne au-dessus de lui dans l’histoire politique de l’Europe“.

Du côté des “pure players”, Rue89 propose d’abord le commentaire de Daniel Schneidermann, du site d’analyse médiatique Arrêt sur Images qui estime que les marchés ont réussi à faire partir Berlusconi alors que les manifestations et les procédures judiciaires avaient échoué. Le site propose aussi une rétrospective en vidéo, en partenariat avec les archives de l’INA, sur les “Berlusconneries” de ces dernières années.
Un parti pris aussi choisi par Slate qui republie un article daté d’avril 2011 surtitré “hihihi – Berlusconneries” dans lequel le journaliste recense une quarantaine de “bêtises mémorables” du Cavaliere illustrées d’infographies.