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Mario Monti, entre des citoyens exigeants et des politiciens opposés

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Mario Monti, entre des citoyens exigeants et des politiciens opposés

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La désignation de Mario Monti a au départ été saluée par les marchés mais l’inquiétude a repris le dessus notamment après une chute inattendue de la production industrielle en zone euro en septembre. Mais selon Paolo Magri, directeur de l’Institut italien d‘études politiques internationales, les espoirs de sauver l’Italie restent élevés :“Il y a des intérêts convergeants en Italie et ailleurs pour que ce gouvernement réussisse. Les compétences sont toutes là, alors on peut être optimiste. Les premières mesures que le gouvernement doit prendre seront économiques, ce seront des mesures sur les retraites, sur la croissance, et puis pour réduire la dette souveraine. Pour cela, il va y avoir de nouveaux impôts, sur le patrimoine par exemple.”

Luigi Spinola, journaliste et analyste politique, répond aux questions de Gianni Magi.

Gianni Magi, euronews: “La réaction des marchés après la nomination de Mario Monti est incertaine. Que faut-il pour regagner la confiance de la finance mondiale?”

Luigi Spinola : “La réaction des marchés est hésitante, parce que la situation politique italienne est hésitante, les marchés dès ce week-end ont salué la perspective d’un changement politique. Cela signifie la fin d’un gouvernement très faible, celui de Berlusconi, et la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par un homme expérimenté et très respecté comme Mario Monti, et surtout, l’hypothèse d’une large majorité pour des réformes suggérées par l’Union européenne. Maintenant les marchés sont en attente.

La nomination de Monti a certainement été une première étape importante. Désormais, les marchés attendent la mise en oeuvre de ces promesses. Cela ne signifie pas que nous devons simplement avoir un gouvernement dès que possible : il est vrai qu’il y a une urgence, mais le gouvernement doit également être solide et durer longtemps. Pour cela, il faut des ministres, mais également un engagement fort, une prise de responsabilité forte des principaux partis, le PDL et le Parti Démocrate.

Giovanni Magi : “Est ce que Mario Monti est capable de sauver l’Italie, ou bien le pays est-il déjà à un point de non-retour ?

Luigi Spinola : “Je pense qu’il en est capable. Je pense que la partie est très compliquée et qu’elle se joue sur deux terrains. Le premier, c’est l’opinion publique. Les Italiens, les citoyens, vont soutenir le plan, connu sous le nom de “Du sang et des larmes”, et les réformes nécessaires, s’ils voient que ces réformes et ces sacrifices sont partagés par tous.

Alors le mot d’ordre est «équité» et il sera très important que l’on fasse sentir aux citoyens qu’il va y avoir une attaque contre les privilèges des «castes», des élites, ce qui permettra de réduire le coût de la vie politique.

C’est le premier champ de bataille. Le second est plus compliqué. Parce que Mario Monti va diriger une nouvelle majorité constituée de deux parties qui se sont fait la guerre pendant presque 20 ans.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une alliance pour accomplir ces réformes, pour sauver l’Italie. Ce dont on a besoin c’est d’une trêve, pour commencer ce chemin assez long, ensemble”.

Giovanni Magi : “Donc, un double challenge : d’un côté faire en sorte que les Italiens acceptent les mesures impopulaires, de l’autre convaincre les diverses parties de cette coalition qui soutiennent le gouvernement.”

Luigi Spinola : “Oui, c’est le double défi. Il faut une sorte de cercle vertueux qui permettra aux Italiens de soutenir un programme très dur, mais surtout le pari, comme nous l’avons déjà dit, est essentiellement politique : le président Napolitano l’a dit très clairement, il faut former un gouvernement sur le long terme, un gouvernement capable d’achever son mandat, pas seulement un gouvernement pour préparer les élections législatives.