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Eclairage sur le programme du gouvernement Monti

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Eclairage sur le programme du gouvernement Monti

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Mario Monti a présenté un programme en deux temps pour permettre à l’Italie d’affronter la crise de la dette.

Primo, il va prendre des mesures d’urgence destinées à assurer la viabilité des finances publiques et à soutenir la croissance.

Secondo, il va lancer un projet de modernisation des structures économiques et sociales.

Il envisage une réforme du marché du travail pour mieux intégrer les jeunes et les femmes, améliorer le système éducatif et réduire le travail au noir. Cela passera aussi par une réforme du système de prestations sociales.

Sur les retraites, Monti est resté très prudent, il a noté que l‘âge moyen de départ à la retraite était déjà plus élevé que dans la plupart des pays européens. Mais il a aussi noté des disparités trop grandes entre retraités.

Mario Monti veut également aller vers une déréglementation de nombre de professions pour stimuler la concurrence et prône la privatisation des services publics locaux.

Les syndicats italiens prudents quant aux réformes du gouvernement Monti
 
 
Claudio Rosmino, journaliste à euronews, a interrogé Nicola Nicolesi, le secrétaire général de la confédération CGIL, en charge des relations avec les autres syndicats européens. 
 
“Aujourd’hui le Président du conseil Mario Monti a présenté le programme de son gouvernement au Sénat. Il a souligné la nécessité de réformer le marché du travail et les retraites, mais il a prononcé plusieurs fois les mots sacrifices et équité. Qu’en pense votre syndicat?”
 
Nicola Nicolesi: “Nous attendions avec impatience ce discours et à présent, je voudrais exprimer une certaine perplexité. Je voudrais avoir plus de détails sur les objectifs du gouvernement du Monti afin de mieux comprendre. Nous prenons acte de ce qu’il a dit sur l‘équité, mais encore une fois, nous voulons savoir ce qui attend les travailleurs, les retraités et les personnes les plus vulnérables de notre société, quelle sera leur situation.”
 
Claudio Rosmino: “Sur les réformes des retraites et du marché du travail, où se situent les limites de la CGIL et jusqu’où êtes-vous d’accord avec le plan de Mario Monti?“ 
 
 
Nicola Nicolesi: “Nous n’acceptons pas l’idée de réaliser des économies sur les retraites. Nous le disons depuis des mois. Notre système de retraite est à l‘équilibre. A propos du marché du travail, et bien nous avons déjà un marché du travail très flexible, mais 46 différents types de contrat, c’est trop. Nous pensons que qu’il est nécessaire de simplifier ce système.”
 
 
Claudio Rosmino. “Compte tenu de la situation de l’Italie, qui est difficile sur les plans économique et financier, pensez-vous que les sacrifices doivent être demandés avec le soutien des partenaires sociaux?”
 
Nicola Nicolesi: “Nous avons déjà fait des sacrifices, ce n’est pas la première fois. De tout temps, notre syndicat a été responsable, nous sommes toujours prêts à faire face aux défis majeurs de notre pays. Ce que nous ne voulons pas, c’est que seuls le travailleurs et les retraités paient cette crise, nous ne sommes pas du tout d’accord. Nous voulons que les gens qui n’ont jamais payé pour cette crise commencent à payer aussi.”
  
Claudio Rosmino: “Vous avez aussi un point de vue européen sur cette crise et sur son coût pour les travailleurs. Que pensez-vous de la situation en Italie comparée à celle de la Grèce ou de l’Espagne? “
 
Nicola Nicolesi: “Nous ne vivons pas seuls. La crise italienne vient aussi d’une plus large crise qui frappe non seulement l’Europe mais le monde entier. La CGIL se plaint du fait que la politique a renoncé à son rôle principal. La politique a échoué à faire face aux principaux enjeux influençant non seulement le marché du travail, mais aussi l‘économie mondiale. Les marchés financiers sont de plus en plus puissants alors que la production et le politique sont de plus en plus faibles. Le politique doit imposer des règles aux marchés financiers parce que ces marchés financiers ne peuvent pas décider du destin de 7 milliards de personnes.”
 
Claudio Rosmino: “Dans ce pays qui a l’un des taux d’endettement les plus élevés d’Europe et un taux de chômage élevé chez les jeunes, les travailleurs peuvent-ils encore espérer une amélioration?”
 
Nicola Nicolesi: “Nous avons besoin d’espérer un meilleur avenir dans un pays meilleur. C’est la direction dans laquelle nous voulons aller. Nous voulons aider le pays à se remettre de la crise et faire en sorte que ce pays puisse, à l’avenir, garantir le bien-être de tous.”