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En septembre, Nicosie prend la Turquie de court en annonçant le lancement avec l’américain Noble energy, d’une campagne d’exploration de gaz en Méditerranée. A la clé de ces forages dans la zone économique exclusive de Chypre : une très grande quantité d’hydrocarbures.

Ces opérations interviennent dans un secteur particulièrement prisé depuis la découverte l’an dernier, d’un nouveau gisement contenant d’importantes réserves au large d’Israël, du Liban et de Chypre.

L’enjeu est économique bien sûr, mais pas seulement.

La colère d’Ankara a éclaté dès l’annonce par les autorités chypriotes du lancement des forages.

La Turquie a immédiatement envoyé un bateau de prospection dans la région précisant que ces zones seraient sous la surveillance constante de l’aviation et de la marine turques.

Un autre élément rend la réaction d’Ankara encore plus vive : ses relations exécrables avec Israël. Car le forage en question est aussi le fruit d’un accord entre Chypre et Israël signé en décembre et délimitant leurs zones économiques exclusives pour faciliter la prospection de chacun sur ces gigantesques champs gaziers. La zone s‘étend sur les eaux territoriales libanaises, israéliennes et chypriotes. Le potentiel du gisement baptisé Léviathan est énorme : il renfermerait 450 milliards de mètres cubes de gaz et au moins 250 milliards de réserves.

Quant au pétrole, il pourrait fournir 4,2 milliards de barils.

La Turquie ne digère pas cet accord entre Chypre qu’elle ne reconnaît pas et l’Etat hébreu avec lequel elle est en froid depuis l’assaut sur la flottille vers Gaza l’an dernier.

Argument d’Ankara : pas d’exploitation des richesses tant qu’un accord ne sera pas conclu sur la réunification de Chypre, car les Chypriotes de la partie turque en seraient exclus.

Le premier ministre turc menace aussi de geler ses rapports avec l’Union européenne si rien n’est fait avant la présidence de Chypre en juillet. “Nous ne reconnaissons absolument pas la partie sud de Chypre,” martèle Recep Tayyip Erdogan, “on ne s’assiéra jamais à la même table qu’eux s’ils assurent la présidence de l’Union.”

Le conflit gazier devrait constituer un obstacle supplémentaire sur la route d’un long processus qui n’avance pas : celui de la réunification de l‘île chypriote, divisée entre Turcs et Grecs depuis 1974.

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