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L'apathie, au coeur des législatives russes

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L'apathie, au coeur des législatives russes

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A moins d’une semaine des législatives, Moscou ne ressemble pas à une capitale en pleine campagne. Les affiches électorales sont discrètes.

Les Moscovites, et les Russes en général, ne manifestent pas d’enthousiasme pour ce scrutin.

Et pour cause, presque personne ne doute que Russie unie, le parti de Poutine et Medvedev, gardera la majorité.

L’apathie est le principal acteur de cette campagne, comme le constate le responsable du département socio-politique du Centre d’analyse Youri Levada, Boris Doubine: “On sent une certaine lassitude des russes vis-à-vis des deux principales figures qui ont rempli tout l’espace public et a part d’eux il n’a plus personne. La situation semble gelée pour un certain temps, disons 10-12 ans. A l‘échelle de l’histoire ce n’est rien, mais à l‘échelle humaine, c’est beaucoup, surtout si ce sont des années ou l’ont pourrait réaliser des choses, changer quelque chose.”

Aujourd’hui, les deux tiers des Russes se disent indifférents à la vie politique. Un taux qui a doublé par rapport aux élections de 2004. L’apathie touche tous les groupes socio-professionnels, des étudiants aux retraités.

“Je pense que rien ne va changer, même si je mets une croix sur le bulletin pour tel ou tel parti. Tout le monde en fait sait qui va gagner… “ estime Sacha, 22 ans.

Plus de la moitié des Russes interrogés pensent que leur participation ne changera rien à la donne, et refusent de jouer à ce jeu. Autre raison invoquée : l’absence de vraie concurrence politique et l’impossibilité d’exprimer son mécontentement.

Мarina, jeune océanologue, 33 ans:

“Moi, je n’irai pas voter, ce n’est pas une question d’apathie, mais d’antipathie à l‘égard de la situation politique dans notre pays. Sur le bulletin, il n’y a plus la possibilité de voter “contre tous”, la ligne a été supprimée… Et parmi ceux qui y figurent, je ne vois personne à qui donner ma voix”.

Selon les observateurs, cette apathie touche tous les secteurs en Russie et joue un rôle dans la fuite des cerveaux, de plus en plus importante.

Mais le parti au pouvoir brandit comme son principal acquis “la stabilité” qui s’est instaurée après le chaos des années 90.

Le journaliste Youri Saprikine est sceptique mais veut regarder vers l’avenir :

“La stabilité actuelle, c’est une stabilité opaque, sans éclaircies. On trouve la même stabilité au fond d’un cercueil, là non plus, il n’y a aucun bouleversements. Et le parti au pouvoir nous assure de conserver exactement comme elles sont les structures d’Etat, c’est toute l’infrastructure qui restera la même, sans changement. Je place mes espoirs sur toutes ces personnes talentueuses, honnêtes, scrupuleuses et qui aiment leur travail, il y en a beaucoup. Si on regarde l’histoire russe de ces 200 dernières années, on voit que la vie se fraye un chemin malgré tout, et que les fleurs poussent à travers l’asphalte.”