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La Russie face au défi de l'immigration

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La Russie face au défi de l'immigration

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L’immigration est l’un des thèmes-clé de la campagne électorale en Russie. Des millions de migrants en provenance des anciennes Républiques soviétiques, en particulier d’Asie centrale, ont fui la pauvreté et rejoint le territoire russe pour y chercher du travail.

La plupart du temps, ils occupent des emplois peu qualifiés et mal rémunérés.

D’après le responsable des migrants sur un chantier, “un employé va toucher environ l‘équivalent de 700 euros ou 900 euros maximum pour cinq mois de travail. Et il a une femme et des enfants qu’il doit faire vivre,” s’insurge-t-il.

Le service fédéral des migrations estime que cette année, environ 1,7 millions d‘étrangers auront rejoint la Russie pour travailler légalement.

Mais combien le font dans l’illégalité ? Entre 4 et 12 millions d’après la Banque mondiale.

Autant d’individus qui vivent dans la crainte de se faire expulser. Leurs conditions de vie sont aussi très précaires. Parfois, les employeurs les exploitent ou les rackettent.

Les tensions ethniques connaissent une escalade en Russie. Un phénomène que les autorités ignorent d’après des militants des droits de l’Homme. Depuis janvier, les attaques néo-nazies ont fait 16 victimes et 90 blessés dans le pays.

L’arrivée croissante de migrants alimenterait la xénophobie chez des jeunes russes qui craignent de perdre leur emploi.

Or l’argument ne tient pas comme l’explique un spécialiste du Centre Carnegie de Moscou.

“Le problème n’est pas que les migrants prennent les emplois des Russes de souche,” estime Nikolai Petrov, “mais plutôt que les entreprises jugent beaucoup plus utiles, cette main d’oeuvre étrangère qui se montre silencieuse et soumise.”

L’afflux de migrants est une nécessité économique. Leur contribution au PIB représente l‘équivalent d’au moins 37 millions d’euros par an : environ 4%.

Et les étrangers seront encore plus demandés à l’avenir, en raison du déclin de la population russe qui devrait passer de 143 millions de personnes actuellement à 103 millions d’ici 2050.