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La jeune Tunisienne Amira Yahyaoui est présentée le plus souvent comme “cyberactiviste”, elle-même se dit simplement “militante pour la démocratie”, en tout cas, elle a les idées claires. Les premières élections libres en Tunisie après la chute de Ben Ali ont été une véritable réussite. Elle dit à euronews être “bizarrement contente” de ces législatives. Pour elle, oui, le parti islamiste d’Ennahda a remporté 40% des voix mais 60% sont allées vers les partis modernistes. De plus et avant tout, il a enfin été possible de savoir ce que les Tunisiens espéraient pour leur pays. Lors des élections précédentes en 2009, sous le régime de Ben Ali, plus de 80% des votants avaient choisi d’offrir un cinquième mandat consécutif à leur président…
La jeune femme qui a vécu en France plusieurs années appelle maintenant les Tunisiens à participer à la reconstruction de leur pays, par le biais de la vie politique mais aussi dans la société civile. Encore entre Paris et Tunis, elle compte se réinstaller totalement dans la capitale tunisienne dès janvier prochain.

Lors d’un débat qui se tenait peu auparavant avec Yves Aubin de la Messuzière, ancien ambassadeur de France en Tunisie, elle expliquait notamment avoir été très surprise lors du scrutin d’octobre de ne pas voir de listes entières de jeunes, des jeunes en tête de listes… Elle-même a participé à la campagne pour la circonscription France nord (en tête de liste indépendante sur la liste “sawt el mostakel”). “Nous savions que nous n’aurions aucun siège mais nous voulions être dans le débat, montrer que nous existons”, explique-t-elle, qui regrette que finalement à l’Assemblée constituante, la moyenne d’âge semble plus de 50 ans…”pas jeune du tout!”. Cependant, elle note que les jeunes Tunisiens commencent à s’approprier la société civile… La démocratie avance et selon elle, le fait que les Tunisiens parviennent à construire une véritable démocratie est essentiel, pour la Tunisie bien sûr, mais aussi parce que cela prouvera que la démocratie peut-être universelle ”pour que cela puisse réussir chez nos voisins aussi…”

En Egypte, près d’un an après la chute de Hosni Moubarak, les militaires sont encore au pouvoir et les jeunes dans la rue. Pour Amira Yahyaoui, cela n’est pas un signe inquiétant mais montre au contraire que les Egyptiens ne sont plus prêts à accepter un régime, qui soit tenu par un dictateur ou des militaires.

A lire aussi :
Les contributions des participants au débat : Paris-Tunis: La rupture ?

Pour suivre Amira Yahyaoui sur Twitter : @mirar404

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