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Sauver l'euro. Oui mais comment ?

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Sauver l'euro. Oui mais comment ?

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Sommes-nous en train d’assister aux dernières semaines de la monnaie unique ?

Alors que la zone euro s’enfonce dans la crise, ses dirigeants continuent d’assurer qu’ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter le crash. Les espoirs reposent en grande partie sur le fameux FESF, le fonds de secours de la zone euro. Un mois après l’accord sur son renforcement, les ministres des Finances tentent toujours de trouver l’argent nécessaire…

“Obtenir des investisseurs qu’ils alimentent en quantité suffisante le fonds de secours ne sera pas facile “, explique notre correspondant à Bruxelles. “ Et vu le montant de la cagnotte actuelle, mieux vaut qu’une grosse économie de la zone euro n’ait pas un besoin urgent d‘être secourue.”

Le FESF dispose de 440 milliards d’euros. Pour protéger l’Italie et l’Espagne, il en faudrait au moins 1000 milliards. Pour assurer la survie de la zone euro toute entière, deux à trois fois plus.

Seulement voilà, de nombreux spécialistes du dossier l’admettent : les investisseurs sont très peu tentés par l’aventure.

“ Dans le meilleur des cas, certains parlaient il y a quelques semaines d’atteindre, disons, les 2000 milliards d’euros, mais nous en resterons très loin. On parle plutôt maintenant de mille milliards, mais je pense que ce montant aussi est douteux. La BCE ne donne pas l’impression qu’elle sera là sur le long terme pour soutenir les marchés et la confiance s’est évaporée “ , commente Stephen Fidler du Wall Street Jounal.

Regagner cette confiance ne sera aisé. Pour Carsten Brzeski, d’ING Allemagne, le fonds aura désormais peu d’impact et des solutions plus radicales s’imposent :

“ Désormais, je pense qu’il est temps pour la Banque centrale européenne d’entrer dans l’arène, et de le faire de manière très forte, en intervenant en tant que prêteur inconditionnel en dernier ressort. Il faut s’assurer que les gouvernements des pays concernés poursuivent leur politique d’austérité, avec des réformes structurelles, et qu’en retour la BCE devienne un prêteur en dernier ressort. “

Mais l’Allemagne refuse toujours mordicus que la Banque centrale européenne franchisse ce pas. Alors, le salut de la zone euro pourrait-il venir de la Chine ? La réponse de Carsten Brzeski.

“ La Chine est peut-être désireuse d’investir dans la zone euro mais ce ne sera pas suffisant pour la sauver. Les dirigeants politiques de l’eurozone s‘étaient pris à rêver que la Chine résolve tous leurs soucis. Ils vont se réveiller et comprendre que la Chine peut apporter une aide mais que ça ne sera pas assez. Il nous faut d’autres solutions pour surmonter la crise actuelle. “