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Le roi du Maroc, Mohamed VI, a officiellement nommé hier soir Abdelilah Benkirane au poste de Premier ministre. Cette nomination fait suite à la victoire aux législatives vendredi dernier du Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui a obtenu 107 des 395 sièges du parlement. Adoptée par référendum en juillet dernier, la nouvelle constitution marocaine oblige désormais le roi à choisir le chef du gouvernement au sein du parti vainqueur des élections.

En l’absence de majorité absolue, M. Benkirane devra dans les prochaines semaines constituer un gouvernement de coalition, avec notamment le parti conservateur Istiqlal. Les consultations politiques ont commencé en ce sens ce mercredi.

La victoire des islamistes modérés marocains arrive un mois après celle du parti Ennahda en Tunisie. A la différence près que le royaume du Maroc, n’a pas, contrairement à la Tunisie, connu cette année de contestations populaires de grande ampleur. Mohamed VI, sentant la grogne monter aussi chez lui, a institué cette année une politique de réformes démocratiques en douceur. Certains voient dans la victoire aux législatives d’un parti issu de l’opposition un premier signe positif de la démarche du souverain. Au Maroc, toutefois, c’est bien le roi qui détient le plus de pouvoir. Arbitre ultime en politique, il a aussi le dernier mot en matière de justice, de sécurité et de défense.

Il faut relativiser la légitimité nouvelle du PJD : seuls 45% des 13,5 millions d‘électeurs ont effectivement voté. C’est cependant mieux qu’en 2007, quand la participation aux législatives n’avait été que de 37%.

Les premières déclarations d’Abdelilah Benkirane ont été pour les – nombreux – Marocains inquiets de voir un parti religieux s’installer au gouvernement. Le nouveau Premier ministre a assuré que sa politique irait d’abord dans le sens d’une bonne gouvernance économique et d’une lutte accrue contre la corruption, y compris dans l’entourage même du roi. Se définissant comme un “monarchiste convaincu”, le chef du gouvernement promet qu’il n’est pas question d’instaurer la charia au Maroc. Mais M. Benkirane est connu pour ses positions homophobes, et en 2010, il a milité pour l’annulation du concert marocain d’Elton John.

Parmi les défis qui attendent le nouveau gouvernement marocain, il y a la baisse du chômage, dramatique chez les jeunes, et la réduction du déficit public, qui pourrait atteindre 6% à la fin de l’année.

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