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Russie : l'internet fait résistance

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Russie : l'internet fait résistance

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Les rues de Moscou envahies des affiches de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev, les chaines de télévision qui diffusent à loisir les moindres faits et gestes des deux hommes. Des débats télévisés dont sont absents les principaux protagonistes. Bref la campagne pour les législatives en Russie n’offre guère de surprise comme l’issue du scrutin

Pour trouver des voix discordantes, c’est sur internet que vont les Russes. Les discussions politiques ne sont pas dans les médias traditionnels, c’est sur internet qu’on les trouve. Plus de 50 millions d’internautes, la Russie serait à la première place en nombre sur une liste de 18 pays européens.

Le net est un espace de liberté en Russie, l’espace le moins censuré.

Alors que par exemple, les chaines de télévision ont retransmis cet évènement sportif à l’issue duquel Poutine félicite le vainqueur, en coupant le son, c’est sur internet que l’on a pu entendre les huées de la foule. Résultat: 530 000 clicks en 24h

Pour le célèbre blogger Anton Nossik, internet est devenu un média de référence, c’est là où tout se passe : “Il faut comprendre que de tous les média, internet est le plus indépendant et le plus influent.”

Le Kremlin l’a bien compris et utilise donc les mêmes armes. Dimitri Medvedev est très présent sur twitter, et les groupes de jeunes qui le soutiennent sont aussi très actifs sur le net, multipliant les initiatives comme cette armée de poutine, formée de jeunes femmes prêtes “à tout déchirer” pour le futur président.

La célèbre plate-forme Live journal, lieu privilégié de tous les bloggeurs russes, et ou s’exprime notamment l’opposition a déjà été victime de plusieurs attaques cybernétiques, poussant certains bloggeurs, parmi les plus célèbres à basculer sur des plateformes de secours. Pour Alexei Nalvany, internet sert à organiser la résistance: “Notre campagne contre Russie unie, “le parti des escrocs et des voleurs”, est visible sur Internet, nous utilisons internet pour coordonner les bénévoles dans différentes villes – c’est une infrastructure, la seule qui nous soit accessible et nous l’utilisons”.

Bien sûr, ce n’est pas suffisant pour changer la donne. Tôt ou tard ces bloggeurs devront sortir de la toile et affronter le monde réel s’ils veulent casser cette quadrature du cercle bien rôdée, dont les russes, aussi, savent rire …