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Les eurodéputés se donnent un code de conduite

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Les eurodéputés se donnent un code de conduite

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Un code de “bonne conduite”, c’est ce qu’ont voté les députés européens jeudi à Bruxelles pour tenter de laver leur réputation entachée par une importante affaire de corruption. Ce code déontologique leur impose notamment de refuser tout don d’une valeur supérieure à 150 euros et de signaler toute activité rémunérée durant leur mandat.

“C’est bien plus efficace d’obliger les eurodéputés à s’expliquer sur leurs activités, sur leurs biens, à déclarer lorsqu’ils ont des liens avec des acteurs économiques, à n’accepter aucune contribution pour leur travail, c’est plus efficace que de les punir s’il ne le font pas”, estime Enrique Guerreo, eurodéputé de l’Alliance des Socialistes et Démocrates.

“La non-transparence des comportements est une question de conscience et il n’y a pas de loi qui puisse l’empêcher sinon le sentiment supérieur de son propre devoir”, a déclaré Carlo Casini, eurodéputé de Parti Populaire.

Des ONG, comme Transparency International ont salué ce geste des eurodéputés, tout en soulignant ses limites : “A l’heure actuelle, ce code de conduite n’inclut pas une période d’attente après leur mandat pour les élus, c’est à dire qu’une fois qu’ils ont quitté leurs fonctions au Parlement, ils peuvent être embaucher dans un lobby, ce qui crée un conflit d’intérêt”, explique Jana Mittermaier, “en outre, les sanctions ne sont pas aussi sévères que ce que nous aurions aimé et les membres du Parlement continuent à pouvoir avoir un deuxième emploi”.

En mars dernier, trois élus, tous anciens ministres avaient été piégés par des journalistes du Sunday Times se faisant passer pour des lobbyistes. Ils avaient accepté de déposer des amendements sur des projets de loi, en particulier dans le secteur bancaire, en échange de rémunération allant jusqu‘à 100 000 euros.

“Le soutien massif du Parlement européen à l’application de ce code de conduite a été donné pour acquis avant même de connaître son contenu. Et pour cause, il est difficile d’imaginer un député, dont le salaire dépasse 6000 euros net par mois, auquel s’ajoute 4000 euros pour frais généraux, défendre la nécessité de tels extras et cadeaux coûteux et si impopulaires, surtout maintenant “en temps de crise”, Raquel García, Euronews.