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Une étude sur les jouets pour bébés sème la zizanie sous le sapin


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Une étude sur les jouets pour bébés sème la zizanie sous le sapin

Une étude de l’Association Que choisir, publiée le 1er décembre, se penche sur la toxicité des jouets dits 1er âge, autrement dit ces jouets que les tout-petits sont susceptibles de porter à la bouche ou de mâchouiller. Malgré des résultats plutôt rassurants, Sophie la Girafe, notamment, inquiète.

A l’approche de Noël, un panel représentatif de trente jouets a été choisi dans les grandes marques, des articles susceptibles d’être offerts aux nouveaux nés et aux “moins de trois ans”.

Les résultats de cette étude sont “plutôt satisfaisants, avec une majorité de jouets exempts de substances nocives”, selon Elizabeth Chesnais, de l’UFC Que Choisir. “Sur les trente jouets testés et qui sont, rappelons-le, tous conformes, on peut constater l’absence de phtalates, formaldéhydes, colorants azoïques et bisphénol A. Nous avons testé des substances qui sont déjà interdites mais pour lesquelles l’Union européenne fait régulièrement des rappels, comme pour les phtalates, ou les colorants sur lesquels il faut rester vigilants”.

Sophie la girafe ou Sophie la menace ?

D’autres molécules présentes dans les différents types de jouets du panel ont cependant soulevé des inquiétudes. C’est le cas des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces dérivés pétroliers ne sont pas un gros sujet d’inquiétude en France pour le moment, mais certains d’entre eux comme le chrysène ou le naphtalène sont classés dans les cancérigènes possibles ou probables. Même chose pour les précurseurs des nitrosamines (classées cancérogènes selon l’IRC, Centre international de recherche sur le Cancer), que l’on trouve exclusivement dans le caoutchouc… et dans la composition de Sophie la Girafe, jouet surtout conçu pour soulager les gencives des bambins. Or les nitrosamines ont ceci de particulier qu’elles migrent facilement dans la salive. Rappelons d’ailleurs que l’Union Européenne en a interdit l’usage dans la composition des tétines et sucettes en 1995.

La polémique a déjà suscité un haro sur Vulli, le fabricant de la girafe fétiche. Le soir même de la publication de l‘étude, il se défendait dans un communiqué : Sophie la Girafe est “fabriquée dans le respect absolu des normes européennes et mondiales, ainsi tous les rapports d’analyse, tous sans exception, attestent de cette conformité et prouvent qu’il n’y a aucun danger pour les utilisateurs”.

Des incertitudes préoccupantes

L’autre cheval de bataille de l’association concerne les substituts aux phtalates : “deux des quatre substances relevées sont déjà évaluées toxicologiquement et ne posent pas de problème. Mais la nocivité du DHEH et du DOIP, deux autres substituts, est totalement inconnue”. Afin de lever un doute, UFC Que Choisir a décidé de saisir l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) pour demander une expertise. “Ils vont évaluer un risque qui sera peut-être de zéro. Mais nous considérons qu’il n’est pas normal qu’on ne sache absolument rien de ces substances qui seront de plus en plus utilisées à l’avenir. Surtout pour cette population fragile et qui porte tout à la bouche”.

Plus de sévérité pour les jouets

Que choisir demande donc aux fabricants d’adapter la composition des jouets : “Sur les trente jouets testés, certains ne contiennent pas de composés nocifs. C’est donc qu’il est facilement possible de le faire pour tous les jouets présents sur le marché”.
De plus, l’association demande un renforcement de la règlementation, et un alignement sur l’Allemagne, qui a déjà étendu la législation interdisant les HAP et nitrosamines dans les tétines et sucettes aux jouets 1er âge. La directive européenne de 2013 portera sur les risques chimiques dans la composition des jouets. “Mais, conclut Elizabeth Chesnais, “la plupart des jouets qui sont déjà conformes vont le rester, comme c’est le cas pour ceux contenant des hydrocarbures aromatiques. Nous avons besoin de plus de sévérité. Et nous demandons que les tests de conformité, actuellement pratiqués par les fabricants, soient effectués par des laboratoires indépendants”.

A lire : Menaces sur la sécurité des enfants, l‘éditorial d’Alain Bazot (Président de l’UFC Que Choisir)

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