DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Ukraine : l'Etat et les ONG débordés par l'ampleur du sida

Vous lisez:

Ukraine : l'Etat et les ONG débordés par l'ampleur du sida

Taille du texte Aa Aa

Extrême pauvreté, sexe et drogue, c’est le cocktail qui fait exploser l‘épidémie de sida en Ukraine. L’an dernier, près de 20.500 nouveaux cas ont été enregistrés. Le sida se transmet notamment à cause des seringues usagées que se repassent les toxicomanes.

Nadia est accroc depuis des années, et elle est prête à s’injecter le pire: du “crocodile”, mot d’argot pour désigner la désomorphine, qui fait des ravages en Ukraine. “J’ai contracté l’hépatite C sans doute à cause du crocodile, témoigne Nadia. Et puis pendant dix ans, avec mon petit-ami, on a utilisé la même seringue… et la même chose parfois avec ma soeur”.

Le sort des jeunes toxicomanes ukrainiens, livrés à eux-mêmes, est en grande partie entre les mains des ONG. Les associations se démènent pour faire le plus possible de prévention, et d’accompagnement, mais avec peu de moyens. “Nous ne recevons aucune aide financière de l’Etat, explique Olena Pirkovska, responsable de l’ONG Nika Kiev. Et l’aide médicale publique apportée aux malades du sida va poser un gros problème. Environ 40.000 d’entre eux risquent de ne plus avoir accès aux traitements l’année prochaine. L‘épidémie prend trop d’ampleur”.

Les autorités ukrainiennes donnent un chiffre officiel de 185.000 porteurs du VIH dans le pays. Des sources non-gouvernementales préfèrent parler du double. “Avant d‘être considérée réellement comme une malade, dit Lena, qui est séropositive, je ressentais de la discrimination comme si je portais la mort sur moi. Maintenant, ça va mieux”.

Les ONG ukrainiennes doivent aussi lutter contre l’isolement des malades du sida, qui sont mal acceptés par la société.