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Wikileaks reprend du service et dénonce l'espionnage mondial

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Wikileaks reprend du service et dénonce l'espionnage mondial

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On était sans nouvelle de Wikileaks depuis le mois d’octobre. Les publications du site de Julian Assange étaient suspendues, faute de fonds. Hier, Wikileaks est revenu sur le devant de la scène, en publiant des documents qui mettent en évidence un système généralisé de surveillance et d’espionnage mis en place par les gouvernements avec l’aide des industriels.

Julian Assange, toujours en résidence surveillée en Grande-Bretagne pour une affaire de moeurs, a lancé lors d’une conférence de presse la publication de plus d’un millier de dossiers, contrats, brochures et autres documents qui montrent comment et avec l’aide de quelles entreprises certains gouvernements surveillent les individus à travers leurs téléphones mobiles, comptes de messagerie et les traces laissées sur internet.

Parmi ces gouvernements, ceux de la Syrie, de la Chine ou de l’Iran, mais aussi les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France. Côté fabricants de systèmes de surveillance, on notera la présence de plusieurs sociétés françaises, dont certaines en bonne intelligence apparemment avec – entre autres – le gouvernement de feu le colonel Kadhafi. Du matériel et de l’expertise française pour espionner et traquer des opposants libyens ? Pour Wikileaks, les preuves sont là. Selon Owni.fr, partenaire français pour ces publications, les e-mails de sept opposants libyens en exil, résidant au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, ont été espionnés dans ces pays par un système d’interception et de surveillance vendu à la Libye par le Français d’Amesys. Interrogé par l’AFP, Amesys a reconnu avoir “livré aux autorités libyennes un matériel sur lequel elle n’a exercé aucun contrôle quant à l’utilisation qui a pu en être faite”. L’argument est classique : “je suis un opérateur commercial, pas une entité politique.”

Des documents d’autres entreprises françaises comme Alcatel-Lucent, Thalès ou Qosmos apparaissent dans ces nouvelles publications de Wikileaks.

Aujourd’hui tous les états, et non plus seulement les grandes agences de renseignement type CIA, FSB ou Mossad, utilisent des systèmes ultra-sophistiqués de surveillance. Les outils de géolocalisation, interception de SMS, écoute téléphonique, chevaux de Troie, mais aussi reconnaissance vocale sont désormais des best-sellers. La carte interactive mondiale réalisée par Owni.fr est éloquente…

On estime que le marché des systèmes de surveillances de communications atteint aujourd’hui cinq milliards de dollars de chiffre d’affaire annuel.