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La conférence de la dernière chance pour Kyoto

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La conférence de la dernière chance pour Kyoto

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Les économies émergentes, comme la Chine et l’Inde, émettent aujourd’hui la plus grosse part des gaz à effet de serre, qui ont atteint un record en 2010. Or ces pays n’ont pas souscrit au protocole de Kyoto, conçu pour lutter contre le changement climatique.

Quelques jours avant la conférence des Nations Unies à Durban, le Parlement européen débattait de l’urgence de donner une suite à la première phase de Kyoto, qui expire l’an prochain. Mais les Nations Unies l’admettent : un immense fossé reste à combler.

Contrairement à l’Union européenne, le Japon, la Russie et le Canada sont réticents à prolonger le protocole. Ils réclament des engagements de la part des pays émergents. Mais pour la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, les pays riches ont une plus grande part de responsabilité. Vicente Yu, coordinateur du South Center Programme, en est convaincu :

“ Il y a des responsabilités historiques, et donc, ceux qui ont contribué à créer ce problème doivent aussi être ceux qui en font le plus pour résoudre le problème. Une partie de la solution consiste à fournir un soutien supplémentaire aux pays en développement pour qu’ils puissent eux aussi en faire plus. “

Le fait que les Etats-Unis – second pollueur au monde – n’aient pas participé à Kyoto et rechignent encore à signer un traité international, ne facilite pas le consensus.

Difficile dès lors de rassembler les 100 milliards de dollars par an censés alimenter le Fonds vert pour le climat. Un fonds qui doit servir à combattre les conséquences du changement climatique dans les pays les moins développés.

“ Les pays développés ont été responsables de 70% des émissions et de leur accumulation dans l’atmosphère depuis le début de l‘ère industriell, donc ils devraient payer 70% de la facture “ , martèle Alfredo Sirkis, un député brésilien.

Priorité des priorités : éviter une hausse de la température de la planète de plus de 2 degrés par rapport à l‘ère pré-industrielle, ce qui entraînerait des changements irréversibles. L’OCDE annonce déjà entre 3 et 6%. L’Union européenne pousse quant à elle pour un verdissement de l‘économie. Elle y voit même une réponse à la crise.

“ Tout ce que font les gouvernements pour tenter de relancer les économies, devrait être pensé dans la perspective d’investir plus, de consacrer l’argent des plans d’aide au verdissement de l‘économie. Faire basculer notre système des énergies fossiles vers les énergies renouvelables et d’autres sources. Ils devront de toutes manières dépenser de l’argent pour sortir du marasme, et ce qui est important, c’est d’employer cet argent dans une direction plus écologique, plus verte “ , explique Jim Watson, Professeur à l’université de Sussex.

Les milliers d’experts, de décideurs et de défenseurs de l’environnement réunis à Durban ont deux semaines pour tenter de trouver la voie à suivre. Une immense responsabilité envers l’humanité.