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Standard & Poor's : des décisions économiques ou politiques ?

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Standard & Poor's : des décisions économiques ou politiques ?

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La mise sous surveillance négative d’une quinzaine de pays de la zone euro par Standard & Poor’s est-elle politiquement motivée ?

La question mérite d‘être posée puisque l’agence de notation américaine a émis son avertissement à peine quelques jours avant le Conseil européen cette fin de semaine.

Quelques heures auparavant, le couple franco-allemand annonçait être parvenu à un accord pour imposer plus de discipline budgétaire dans l’eurozone via une modification du traité européen. Le but : retrouver la confiance des marchés.

A Francfort, on donne une lecture très politique de l’avertissement de Standard & Poor’s.

L’analyste financier, Robert Halver, de la Baader Bank : “Nous avons un gros sommet européen cette semaine, et je pense que c‘était important pour Standard & Poor’s de dire, s’il vous plaît messieurs les politiques prenez les bonnes décisions”.

Le directeur de notation des dettes souveraines de Standard & Poor’s, Moritz Krämer, affirme que son rôle se limite à analyser les risques pour conseiller les avertisseurs.

En aucun cas à donner des conseils : “Selon nous, la crise financière actuelle dans la zone euro n’est plus une crise de pays individuels à la périphérie. Nous pensons que la crise a pris une trajectoire bien plus systémique.
Elle s’est propagée dans des pays importants ainsi que dans les institutions financières de ces pays”.

Parmi les quinze pays menacés de dégradation de leur note, neuf pourraient perdre deux crans dont la France, seul pays de la liste à afficher un triple AAA.

Mais pourquoi la France ? Les explications de François Chaulet de Montsegur Finance : “Dès lors qu’on a pas encore le montant total de ce que va pouvoir coûter le sauvetage par exemple de Dexia, il est clair que l’agence a mis un certain nombre de précautions particulières sur le cas français.

Et puis, il y a aussi tout un tas de mesures particulières qui sont spécifiques à la France. On a un gouvernement qui a fait des annonces particulièrement –dans un premier temps– légères en matière de réduction des déficits. On a vu qu’il y a eu nécessité de revenir plusieurs fois sur l’ouvrage, apporter d’autres sources d‘économies.

Il n’est pas aujourd’hui certain que d’ici aux prochaines élections en France, on n’ait pas un autre train de mesures visant à conforter ou à rassurer vis-à-vis de cette notation.”

En 2012, les français seront appelés aux urnes en avril et mai pour la présidentielle et en juin pour les législatives.