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Le vote de dimanche a prouvé un début de défiance de la population russe à l‘égard du parti au pouvoir. Un sentiment de malaise perceptible pas seulement dans la capitale, mais aussi à Vladivostok, sur la côte pacifique.

Les électeurs de cette région ont assez largement sanctionné le parti Russie Unie, en votant pour les Communistes. Vladimir Grishukov est un des responsables locaux du Parti communiste. “Les difficultés économiques et sociales qu’on rencontre ici ont évidemment pesé sur le vote”, commente-t-il. Et de poursuivre : “aujourd’hui, par exemple, il y a beaucoup moins de logements construits qu‘à l‘époque de l’URSS. La population dépérit. L’an dernier, on n’a enregistré que 17 000 naissances contre 21 000 décès. Et cette tendance s’accentue encore pour les neuf premiers mois de cette année. Personne ne vient s’installer ici. En revanche, il y en a beaucoup qui quittent la région”.

Plusieurs habitants confirment ce sentiment de relatif abandon. D’où le vote sanction vis-à-vis du parti Russie Unie. “J’ai voté pour le parti communiste, non pas parce que je suis nostalgique de l’Union soviétique, mais tout simplement parce que j’attends des changements”, explique Alexei, étudiant.

Pour abonder dans ce sens, voici à présent l’analyse d’un des vétérans du journalisme en Russie, Vladimir Pozner, interrogé à Moscou. Selon lui, “les gens ne comprennent pas ce que fait le gouvernement. Où va-t-on ? Que va-t-il se passer pour nous et surtout pour nos enfants ? Qu’en est-il de toutes ces promesses ? En en plus, les gens ont le sentiment d‘être totalement livrés à eux-mêmes, sans protection. Par exemple, si quelqu’un du pouvoir nous prend en grippe, on n’a aucun moyen de se défendre. Beaucoup pensent que les tribunaux ne servent à rien, que la police fait ce qu’elle veut. Donc les gens ne se sentent pas protégés. Si quelqu’un veut s’emparer de votre business, il peut le faire sans problème. D’où le sentiment de malaise et de relative impuissance”.

Autre analyse, celle de l’ancien président de l’URSS, Mikhail Gorbatchev. Le promoteur de la perestroïka dans les années 80 formule de vives critiques à l‘égard des dirigeants actuels. “Nous ne sommes pas dans une vraie démocratie, affirme-t-il, et nous le serons jamais tant que le gouvernement aura peur de la population, tant qu’il aura peur de dire ouvertement les choses aux gens, et peur d’exposer ses projets”.

Cela dit, pour de nombreux observateurs, Poutine reste l’homme fort de la Russie. Les résultats mitigés de ces législatives sonnent simplement comme un avertissement avant la présidentielle de mars.

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