DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

RDC : des irrégularités constatées par l’UE lors du processus électoral

Vous lisez:

RDC : des irrégularités constatées par l’UE lors du processus électoral

Taille du texte Aa Aa

La Mission d'observation électorale de l'Union européenne (MOE UE) a rendu publique, ce mardi, son analyse des opérations de vote en RDC. Les observateurs européens ont ainsi fait état d’“irrégularités” et de “manque de transparence” lors du processus électoral. Ce constat s’ajoute aux critiques déjà formulées par d’autres institutions.

Le 1er décembre dernier, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne avait publié une déclaration préliminaire, revenant sur le déroulement du vote, le 28 novembre. Les observateurs avaient alors souligné “de multiples incidents”, citant par exemple des actes de violence et des pillages de bureaux de vote. Pour autant, la chef de cette mission, Mariya Nedelcheva, s’était gardée de tirer des conclusions.

Avec le communiqué publié ce mardi 13 décembre, les experts européens font un constat plus accablant en ce qui concerne la collecte, la compilation et la publication des résultats. “Situations organisationnelles chaotiques”, “entorses” dans l’affichage des résultats agrégés, ce qui oblige à “poser la question de la crédibilité des résultats de plusieurs CLCR (Centre locaux de compilation des résultats)”. Dans plusieurs provinces (Katanga, Sud-Kivu, Kinshasa, province Orientale), l’Union européenne qualifie les procédures de compilation “peu transparentes”. Et de remarquer que “plusieurs témoins de candidats ou de partis politiques et observateurs ont été empêchés d’observer l’ensemble des étapes de la compilation”.

Par ailleurs, la mission reprend le constat dressé par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) indiquant qu’ “un nombre important de résultats de bureaux de vote, répartis sur l’ensemble du territoire, n’ont pas été comptabilisés”. Ces bulletins de vote non pris en compte s’élèveraient à plus d’1,5 millions.

Ce “manque de transparence” souligné par la mission d’observation européenne s’ajoute aux critiques formulées il y a quelques jours par les experts du Centre Carter qui avaient estimé, dans un rapport publié samedi, que le processus électoral “(manquait) de crédibilité”. Lundi, c’est l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo, qui a émis de sérieuses réserves sur la sincérité du scrutin. Selon lui, les résultats de la présidentielle ne sont “pas conformes à la vérité et à la justice”. D’après les chiffres de la Ceni, le président sortant Joseph Kabila a obtenu 48,95% des suffrages, contre 32,33% à son principal rival, Etienne Tshisekedi.

L’opposition a engagée plusieurs recours auprès de la Cour suprême de Justice, qui doit se prononcer ce samedi. Dans le même temps, Etienne Tshisekedi a décidé de ne pas tenir compte des résultats de la Ceni. Il s’est auto-proclamé vainqueur du scrutin.
Pour sa part, Joseph Kabila a commenté lundi le processus électoral. “Y a-t-il eu des fautes, des erreurs ? Bien sûr, comme lors des autres élections sur le continent ou ailleurs”, a-t-il reconnu, avant d’ajouter : “mais cela jette-t-il un doute sur la crédibilité de ces élections ? Je ne pense pas”.