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Kim Jong-Il ou l'un des derniers dictateurs communistes

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Kim Jong-Il ou l'un des derniers dictateurs communistes

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Les informations sur Kim Jong-il en dehors de son pays filtraient au compte gouttes. Réputé solitaire, le “Cher dirigeant” – son surnom officiel – évitait de voyager à l‘étranger. Il se serait seulement rendu quatre fois en Chine et une fois en Russie. Et les Nord-Coréens ne connaissaient même pas sa voix puisqu’il n’a jamais prononcé de discours en public.

Il est difficile de démêler la réalité de la fiction. Les registres soviétique révèlent que Kim est né en Sibérie en 1941, pendant l’exil de son père, l’ancien dirigeant nord-coréen Kim il-Sung.

Ce qui contredit la version officielle selon laquelle Kim est né dans une cabane, à la montagne, en 1942. Pendant les années 60, il grimpe les échelons du parti des travailleurs coréens et est officiellement désigné comme successeur de son père en 1980. En 1991, Kim prend le contrôle de l’armée.

Après la mort de son père en 1994, se déroule une transition sans heurts au terme de laquelle Kim Jong-il se retrouve véritablement à la tête de l’Etat, même si officiellement, Kim Il-Sung reste le “président éternel”.

Pendant le règne de Kim Jong-il, la Corée du Nord souffre de pénurie alimentaire chronique, rendant le pays complètement dépendant de l’aide internationale. Une situation générée par des années de crise économique.

Les choix du régime sont clairs : les fonds publics doivent aller à l’armée, la deuxième plus importante au monde comparée à la taille de la population. Oubliés l’industrie et l’agriculture.

La Corée du Nord signe toutefois un accord de paix avec son voisin du sud. En juin 2000, Kim Jong-il étonne le monde en accueillant le président sud-coréen Kim Dae Jung à Pyongyang. Un sommet historique perçu comme une tentative pour améliorer les relations avec Séoul.

Mais au fil des années, les relations entre les deux voisins connaissent des hauts et des bas, tournant de temps à autre à une véritable guerre froide. Les craintes d’une guerre tout court surgissent parfois comme lorsque Pyongyang attaque une île sud-coréenne en novembre 2010.

Le programme nucléaire de Kim Jong-il a provoqué de fortes réponses de la communauté internationale. Washington a toujours couplé ses promesses d’aide économique et des garanties de non agression pour persuader le régime d’abandonner ses ambitions nucléaires.

Réputé intelligent, de bonne compagnie et au fait des affaires du monde d’après les dires de ceux qui l’entouraient, Kim a eu 17 enfants de plusieurs femmes.

En septembre 2010, un événement retient l’attention des médias occidentaux. Son plus jeune fils, Kim Jong-un est promu général et apparaît au côté de son père sur les tribunes de la parade militaire à l’occasion du 65è anniversaire du Parti communiste. Il devient alors clair pour la communauté internationale que Kim Jong-il a organisé sa succession.