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Berceau de la civilisation européenne, la Grèce est devenue en 2011 le symbole de sa déroute.
 
Et pour la Grèce la pilule passe très mal.
 
Quel que soit leur âge ou leur milieu, le sentiment dominant chez tous ceux que nous avons rencontré cette année, c’est la colère.
 
Colère d’un commerçant, qui après 40 ans de travail ne pouvait plus payer ses fournisseurs et allait fermer boutique, comme tant d’autres en plein centre d’Athènes.
 
Colère d’un jeune diplômé en gestion, qui vendait du poisson sur un marché faute de débouchés, et rêvait, comme beaucoup d’autres, de quitter le pays.
 
Colère d’entrepreneurs, à qui les banques ne faisaient plus crédit.
 
Colère, et désespoir, des sans abris rencontrés à la soue populaire, qui après avoir perdu leur emploi, se retrouvaient expulsés de leurs logements, faute de pouvoir payer leurs traites.
 
La douceur de vivre grecque a pris un sacré coup, dans un pays qui ne croît plus du tout à sa classe politique, et plus beaucoup à l’Europe.


 

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