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L'amertume des victimes de la révolution tunisienne

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L'amertume des victimes de la révolution tunisienne

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Un an après la révolution tunisienne, les événements sont encore dans toutes les têtes, et même sur certains murs, comme par exemple, à Carthage, dans le quartier populaire d’El Kram el Gharbi. Nous sommes à quelques kilomètres du palais présidentiel, là-même où s‘était replié le président Ben Ali avant de prendre la fuite. De là qu’il ordonnait de tirer sur les manifestants.

Cette mère de famille a perdu un de ses fils lors de ces événements. Elle se souvient : “son petit frère est allé voir dans la rue. Quelques instants plus tard, il est revenu et m’a dit que son grand frère avait reçu une balle dans le cœur. Mon fils est mort un peu plus tard. Aujourd’hui, je demande que justice soit faite. Je me battrai pour ça jusqu‘à mon dernier souffle. Les responsables de sa mort, je les poursuivrai jusqu’au bout…”

Mohamed Boughanmi a lui aussi été touché par balle lors des événements, mais il s’en est sorti, même s’il est aujourd’hui toujours handicapé. “Les dirigeants actuels sont à leur place grâce au sang qu’on a versé, rappelle-t-il. Mais ils ne nous ont rien apporté depuis, en terme de droit. Il faut donc qu’ils sachent que s’ils ne font rien pour nous, alors, on reprendra la révolution. Et dans ce cas-là, il n’y aura pas que des pierres, comme la dernière fois”.

La révolution tunisienne avait débuté en décembre, mais la contestation avait pris de l’ampleur durant les semaines suivantes, en dépit de la répression ordonnée par Ben Ali. Le chef de l’État avait fui le pays le 14 janvier. Depuis, il est réfugié en Arabie Saoudite.