Le triple A français, Nicolas Sarkozy en avait fait le sacre de sa présidence. A moins de 100 jours de la présidentielle, le coup est dur pour celui qui n’est pas encore officiellement candidat.
Le socialiste François Hollande, son principal adversaire dans la course à l’Elysée, n’a pas manqué l’occasion : “C’est une politique qui a été dégradée, ce n’est pas la France” a-t-il martelé.
Mais voilà, depuis l’obtention du triple A par la France en 1975, la droite comme la gauche au pouvoir ont pris des libertés autant avec l‘équilibre budgétaire qu’avec la dette.
Sa perte va donner du grain à moudre aux candidats
qui ne se sont pas frottés eux, à l’exercice du pouvoir :
- le centriste François Bayrou (ministre de l‘éducation de 93 à 97), qui avait prédit la crise dès 2007, le candidat de l’ultra-gauche, Jean-Luc Mélanchon, qui dénonce une guerre de la finance contre la France et appelle à suspendre la contribution française au budget européen,
et Marine Le Pen, la candidate d’extrême droite qui prône une sortie pure et simple de la zone euro.
Mais l’onde de choc de la dégradation ne s’arrète pas aux rivalités franco-françaises. Ce que la décision de Standard & Poor’s met en exergue, ce sont les profondes divisions de la zone euro.
D’un côté les pays vertueux emmenés par l’Allemagne, mais divisés sur les remèdes à la crise.
Un club très sélect que vient de quitter la France pour rejoindre le groupe des pays rétrogradés, les mauvais élèves.
De quoi affaiblir Paris dans ses négociations futures avec l’Allemagne : Sarkozy peut dire adieu à son rêve de voir la BCE se transformer en prêteur de dernier ressort aux Etats de la zone euro. Place à la rigueur budgétaire, prônée par l’Allemagne.
D’autant que la peur grandit au Bundestag de voir le héros de la zone euro sombrer à son tour s’il doit contribuer davantage aux plans de sauvetages.
Pour sauver la face, l’Elysée soutient que Standard & Poor’s a surtout sanctionné l’absence de gouvernance économique en zone euro. La principale victime de la dégradation, au final, pourrait bien être la monnaie unique.
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