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Un commandant sans navire

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Un commandant sans navire

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Incarcéré depuis samedi, Francesco Schettino, 52 ans, est tenu pour le principal responsable du naufrage du Concordia. Au fil des jours, les témoignages accablants s’accumulent contre lui. Retour sur le film des événements.

Vers 21h vendredi, le Concordia approche de l‘île de Giglio, dont est originaire le chef des serveurs. Pour lui faire plaisir, le commandant Schettino ordonne de se rapprocher des côtes pour saluer les 800 habitants à coups de sirène.

Conséquence : à 21h40, c’est l’accident. Le navire heurte un rocher, qui selon le commandant, ne figurait pas sur les cartes marines.

Faux, rétorque son employeur, Costa Croisières, qui se retourne contre lui. Heiko Jensen : “Je peux vous confirmer que ce rocher figure bien sur les cartes. Le capitaine a pris en toute indépendance la décision de changer la route du navire définie par Costa. La route du navire passait bien trop près de la côte. L‘évaluation de l’urgence par le capitaine ne correspond pas aux normes de Costa pour une telle situation.”

Ce n’est qu‘à 22h42, soit une heure après l’accident, que le commandant Schettino donne l’alerte. Auprès de la capitainerie du port, il ramène l’incident à un problème électrique.

Mais à bord, c’est la panique. Face aux tergiversations du commandant, l‘équipage se mutine et à 22h58 commence à évacuer les passagers sans en avoir reçu l’ordre.

Le commandant, lui, quitte le navire. Selon des témoins, il est sur le rivage dès 23h40, soit 6 heures avant que les derniers passagers ne soient secourus.

A 01h46, la capitainerie lui intime de remonter par l‘échelle de secours pour coordonner l‘évacuation. Le commandant n’obtempère pas. Il risque 12 ans de prison pour le seul délit d’abandon de navire, jusqu‘à 15 pour homicides par négligence.

Francesco Schettino commandait le Concordia depuis 2006. Alors que les langues se délient, il est décrit comme un “casse-cou” soucieux de démontrer ses capacités de marin sans aucune considération pour les passagers. Il s‘était ainsi illustré le 17 novembre dernier à Marseille, en décidant d’appareiller et de quitter le port en dépit de la forte tempête qui agitait la côte française. Une décision qui avait refroidi tout l‘équipage.