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Fermeture de Megaupload : guerre ouverte

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Fermeture de Megaupload : guerre ouverte

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Séisme sur la toile. La justice américaine a fermé ce jeudi la plateforme de téléchargement Megaupload.com, pour violation des droits d’auteur.

Quinze minutes plus tard, les sites du FBI, du département américain de la Justice, et de la maison de disque Universal Music étaient bloqués : une cyber-attaque revendiquée sur Twitter par le collectif de pirates Anonymous. Il dit préparer d’autres représailles.

La Méga-guerre est déclarée.

Il faut dire que les Etats-Unis ont frappé fort : sur demande du FBI, la police néo-zélandaise a arrêté quatre dirigeants du groupe Megaupload, dont son fondateur, un allemand de 37 ans du nom de Kim Schmitz, alias Kim Dotcom.

“Ils ont été arrêtés pour violation des droits d’auteur aux Etats Unis, blanchiment d’argent et racket” a expliqué l’inspecteur Grant Wormald.

Des perquisitions ont été conduites à Auckland, notamment dans la “Dotcom Mansion”, la vaste demeure de Kim Dotcom. Plusieurs voitures de luxe ont été saisies. Près de 7 millions d’euros ont été gelés en banque.

De son côté, la justice américaine a saisi 50 millions de dollars d’avoirs et lancé des poursuites contre trois autres responsables du site.

Au regard du droit américain, la galaxie Megaupload n’a rien d’illégal. Les sites qui hébergent des données ne sont responsables de la présence de contenus illégaux que s’ils ne répondent pas aux demandes de suppression des ayants droit.

Mais selon le FBI, ses dirigeants auraient incité au piratage dès la création de la société en 2005. Ils auraient eux-mêmes partagé sur leur plateforme des contenus protégés par le droit d’auteur. Ils auraient aussi incité les internautes au piratage en rémunérant les plus gros contributeurs.

Les profits générés en 7 ans par la publicité et les abonnements avoisineraient les 175 millions de dollars. Le manque à gagner atteindrait un demi milliard de dollars pour les ayant-droits.

La fermeture de Megaupload intervient en pleine polémique aux Etats-Unis sur deux projets de loi antipiratage (PIPA et SOPA) autorisant le gouvernement à fermer des sites internet.

Mercredi à New York, des centaines de manifestants ont crié à la censure. Prévu mardi, le vote du Congrès a été reporté.

Les dirigeants de Megaupload risquent plus de 20 ans de prison. L’Union européenne s’inquiète pour sa part des conséquences mondiales de l’offensive américaine.