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Entre résignation et optimisme, les Croates disent "oui" à l'Europe

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Entre résignation et optimisme, les Croates disent "oui" à l'Europe

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Si tout va bien d’ici juillet 2013, la Croatie sera donc le 28ème Etat membre de l’Union européenne. Ainsi en ont décidé les croates hier, à 66%, même si l’abstention était élevée pour ce scrutin de la résignation plus que de l’euphorie.

En 2003, l’enthousiasme pro-européen grimpait à 80% dans les sondages. Mais 6 ans de longues négociations avec des critères toujours plus sévères et la crise économique que traverse l’Union sont passés par là.

“C’est bien que nous ayons voté “pour”. J’ai 6 enfants, ils auront de meilleures perspectives, une bonne éducation, je pense le plus grand bien tout de ça…” se réjouit ce croate. Cette femme est partagée : “Nous n’avons pas d’autre option. Mais, je ne sais pas… Il y a encore du scepticisme en nous, c’est sur.” Lui, se réjouit : “Il y aura beaucoup de positif à en tirer. Bien sur, il y a aussi les mauvais cotés, mais c’est quelque chose à laquelle nous devons nous habituer.”

Les négociations entre l’Union et Zagreb avaient débuté en 2005, 6 ans sous l‘égide de la droite et c’est finalement le nouveau gouvernement de gauche qui finalise l’accord d’adhésion. Pour le Premier ministre Milanovic, hier était un jour historique : “C’est un tournant dans notre histoire, et nous prendrons nos responsabilités, le succès ou l‘échec dépend désormais exclusivement de nous“a-t-il assuré.

Le parcours reste délicat. La Croatie sera sous haute surveillance jusqu‘à l’année prochaine. Echaudée par les cas roumains et bulgares notamment, l’Union a mis en place une procédure de “suivi” inédite sensée maintenir la pression sur le nouveau venu et garantir le succès de la mise à niveau.

Les indicateurs économiques ne sont pas au top.

La croissance est au ralenti, le salaire moyen est assez faible, le chômage atteint près de 18% et la dette s‘élève à 102% du PIB.

Ce qui fait dire à certains que la Croatie, durement frappée par la crise n’est pas prête à subir les restructurations à venir. Comme cette élue du parti d’extrême droite, convaincue que c’est trop tôt.

“Nous ne sommes pas prèts pour l’Union dit-elle. Nous devons améliorer notre économie, accroître nos exportations, et alors seulement rejoindre l’Ue. Notre économie est dans une très mauvaise situation, nous n’avons pas de vraie banque nationale, nos exportations sont épouvantables, nous entrons dans l’UE à genoux.”

Les opposants à l’adhésion sont nombreux en Croatie et leurs raisons sont diverses, la plupart jugent notamment que le pays n’a rien à y gagner. Mais l’argument qui revient le plus est celui de la souveraineté, dans un pays qui gagnait de haute lutte son indépendance il y a 20 ans à peine. Pour les “antis”, se retrouver happés dans une structure supranationale, c’est comme revenir au temps de la Yougoslavie.