DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le parquet et la défense demande l'annulation du procès Garzon

Vous lisez:

Le parquet et la défense demande l'annulation du procès Garzon

Taille du texte Aa Aa

La défense et le parquet demandent l’annulation des poursuites contre le juge Baltasar Garzón.

Le fameux magistrat espagnol est jugé depuis ce mardi pour avoir brisé un tabou en tentant d’enquêter sur les crimes du franquisme.

Ce juge de 56 ans risque une interdiction d’exercer de 20 ans, ce qui mettrait fin à sa carrière. On l’accuse d’avoir enfreint la loi d’amnistie de 1977 en acceptant d’enquêter sur les 114 000 disparus de la guerre civile et de la dictature, à la demande des familles des victimes.

Devant le tribunal suprême, ses partisans étaient nombreux à manifester : “C’est une honte aux yeux du reste du monde pour l’Espagne qu’on demande des comptes à un juge qui a enquêté ici sur des crimes contre l’humanité. Cela n’est pas arrivé dans d’autres endroits, en France, en Amérique Latine, au Guatemala, en Argentine… C’est une honte pour l’Espagne et notre système démocratique.” crie ce manifestant.

Le juge est soutenu par Amnesty International, Human Rights Watch et l’International Commission of Jurists, qui ont envoyé des observateurs au procès. Pour ces organisations, les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et le droit international au dessus de la loi d’amnistie espagnole.

Les charges ont été déposées par les associations d’extrême droite, Mains Propres et Liberté et Identité ont porté plainte. Pour Miguel Bernal, président de Mains Propres c’est clair : “Garzon ne peut pas se présenter devant l’opinion nationale et internationale comme une victime, il est seulement victime de sa propre attitude, qui l’a conduit à la barre des accusés. ‘”

Saisi en 2006 par 22 associations de défense des victimes du franquisme, Garzón avait accepté d’ouvrir une enquête en se référant aux droit international qui considère les crimes contre l’humanité imprescriptibles et échappant à ce titre à la loi d’amnistie espagnole.

Or en 2008, il a dû renoncer face à l’opposition du parquet qui dénonçait le risque d’une inquisition incompatible avec l’Etat de droit.

Une ironie pour ce juge considéré par Amnesty International comme un précurseur.

Reed Brody, porte parole d’Amnesty international : “Le juge Garzon a changé le monde. Grace au juge Garzon, grâce à l’arrestation de Pinochet, les murs de l’impunité à travers le monde sont tombés, et les victimes ont alors pu porter devant la justice des personnes qui semblaient hors d’atteinte de la justice…. “

En 1998, Baltasar Garzón avait eu le courage de lancer une ordre d’arrèt international contre Augusto Pinochet. L’ex-dictateur chilien était à ce moment-là à Londres. L’affaire avait ouvert la porte à des poursuite des crimes commis en Amérique Latine.

En Espagne, Garzón s’est rendu célèbre par les coups qu’il a portés aux narco-trafiquants, à l’ETA, le GAL et la corruption.