DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Malouines : la vieille querelle

Vous lisez:

Malouines : la vieille querelle

Taille du texte Aa Aa

Voici l’objet de la dispute entre Londres et Buenos Aires. Les îles Malouines, leur nom espagnol, ou les Falkland, comme les ont baptisées les anglais.

L’Argentine revendique la souveraineté des Malouines, et d’autres îles australes, depuis janvier 1833, quand elles passent sous occupation des troupes britanniques qui expulsent alors les habitants argentins.

Longtemps consacré au seul élevage de moutons, l’archipel est à présent riche de ses ressources halieutiques et de ses réserves d’hydrocarbures off-shore potentielles.

En 1982, l’Argentine, alors sous la dictature militaire, tente de récupérer les Malouines par la force des armes. La guerre est un échec pour Buenos Aires.

Les Argentins n’ont jamais oublié, et depuis quelques semaines ils reviennent à l’offensive, mais cette fois par la voie pacifique. L’objectif: ouvrir des négociations bilatérales en rappellant la résolution 2056 de 1965 de l’ONU reconnaissant le différend entre Londres et Buenos Aires sur la souveraineté des îles.

Florencio Randazzo, ministre argentin de l’Intérieur:

Ce que nous souhaitons, c’est que la résolution de l’ONU qui a été soutenue par la majorité des pays du monde soit respectée. Nous voulons que la Grande Bretagne discute avec l’Argentine, sur un point imparable pour nous : les Malouines sont en Argentine.”

La stratégie de Buenos Aires: rallier le plus grand nombre de pays américains à leur cause. Le ministre des Affaires étrangères, ici au Costa Rica :

“Les pays de l’Union des nations sud américaines considèrent que ces navires avec un pavillon

“illégal” sont une force d’occupation des iles Falkland et ne peuvent en aucun cas entrer dans un port de ces pays.”

Si l’Argentine finit par rallier presque la totalité des pays sud-américains à son blocage des navires des Falklands, sur les îles, les 3000 habitants ne semblent guère s’inquiéter si l’on en croit Dick Sawle, député de l’assemblée de Falkland :

“Le bloc du Mercosur donne l’interdiction d’entrer dans ses ports aux navires des îles falkland, des navires portant pavillon des Falklands devrais-je dire… Cette mesure nous pose-t-elle un problème? Pas vraiment.”

A quelque 15 000 km de l’archipel, le Premier ministre britannique donnait le ton la semaine dernière aux Communes : “Nous soutenons le droit des îles Falkland à leur autodétermination. Et ce que les Argentins ont dit récemment s’apparente plutôt à de la colonisation, car ces gens veulent rester britanniques, et les Argentins veulent

faire autrement.”

Et pour marquer leur souveraineté, les autorités britanniques ont annoncé un séjour de six semaines du prince William, pilote de la Royal Air Force, aux Malouines le mois prochain.