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Ceylan, invité d'honneur du festival de Kusturica


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Ceylan, invité d'honneur du festival de Kusturica

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Nuri Bilge Ceylan était l’un des invités d’honneur du 5ème festival de Küstendorf, organisé par Emir Kusturica dans son village aux confins de la Serbie et de la Bosnie.

Une rétrospective lui était consacré avec notamment la projection de plusieurs de ses films, dont son premier long métrage, “Small Town”.

Un atelier a permis au public de discuter avec le grand metteur en scène turc à l’issue de la projection de son dernier film, “Il était une fois en Anatolie”, qui a reçu le Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.

Le film raconte l’histoire de la recherche d’un cadavre. L’assassin est accompagné de trois hommes: un flic, un médecin légiste et un procureur accompagnant le meurtrier dans la nuit anatolienne…

Notre correspondant a eu la chance de pouvoir s’entretenir avec Nuri Bilge Ceylan.

Euronews, Frédéric Ponsard: “Vous êtes le cinéaste turc le plus connu à l‘étranger. Est-ce que vous en êtes fier ou au contraire regrettez-vous que d’autres cinéastes ne soit pas reconnus à l’international, à l‘étranger ?”

Nuri Bilge Ceylan: “A l’heure de la mondialisation, il y a aussi d’autres films turcs. Le cinéma turc se réveille un peu plus chaque jour. Le nombre de productions augmente de jour en jour. La qualité s’améliore, et il y a une certaine originalité, une authenticité. Aujourd’hui, nous avons des réalisateurs ambitieux, prêts à exporter leurs films. Ce n’est plus comme avant.”

Euronews: “Vous n’avez donné aucune interview lors de la sortie de votre dernier film en Turquie, pourquoi vous tenez-vous à l‘écart de la vie publique et des médias en général ?”

Nuri Bilge Ceylan: “J’accorde rarement des interviews aux journalistes turcs, mais ça ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas à la Turquie. Mais ma vie privée est en là-bas, c’est chez moi, et je ne veux pas que ma vie privée soit exposée devant les caméras. Pour moi, c’est la raison principale. Je veux avoir une vie tranquille. C’est pour ça, et non parce que je m’intéresse plus aux autres pays.”

Euronews: “Vos précédents films étaient basés à Istanbul: pourquoi ce retour en Anatolie où vous avez passé votre enfance ?”

Nuri Bilge Ceylan: “Cela ne veut pas dire que j’ai tourné le dos à mes racines… Parfois, une histoire a besoin d‘être tournée dans un village et parfois non, il faut que ce soit à Istanbul. Je n’ai pas l’idée de retourner vivre en Anatolie. Quand vous faites un film sur un endroit, vous ne pensez pas à aller y vivre. Je connais déjà les deux côtés. J’ai grandi en Anatolie… J’ai de très forts souvenirs et expériences là-bas comme à Istanbul. Finalement, c’est juste une coincidence si j’ai fait le film là-bas.”

Les personnages du film vont se révéler au fil de la recherche du corps. Le fait divers horrible est un prétexte à une somptueuse errance. On découvre la Turquie d’aujourd’hui, entre de vieilles traditions héritées de la campagne et une modernité venue des villes. Le film est une chronique de la Turquie contemporaine, même si cela n‘était pas l’intention première du réalisateur.

Nuri Bikge Ceylan: “Le film a certains aspects très réalistes Mais notre but n‘était pas de faire un documentaire sur la Turquie. En fait nous voulons montrer la nature humaine dans des situations extrêmes. Comment se comporte l’homme dans des conditions très dures? C’est pour ça que nous avons choisi de raconter cette histoire. Mais ce sont les personnages du film, l’intrigue elle-même, avec la bureaucratie, qui rendent le film si réaliste. On évoque le passé de la Turquie, mais c’est en quelque sorte un effet collatéral. Ce n‘était pas vraiment notre intention.

Euronews: “Est-ce que la morale de votre film est de dire que personne n’est innocent ?”

Nuri Bilge Ceylan: “Si personne n’est innocent, comment peut-on être coupable? On essaye simplement de parler de la nature humaine.”

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