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Réélu à la présidence du Sénégal en 2007, Abdoulaye Wade veut briguer un troisième mandat alors que la constitution sénégalaise n’en autorise que deux. Surnommé “Le lièvre” pour son sens affiné de la ruse en politique, Wade a contourné la loi en argumentant que son premier mandat ne compte pas puisque la constitution a été modifiée en 2001 et 2008. Sans surprise, les cinq juges du Conseil Constitutionnel, tous élus par le président, ont confirmé la candidature de Wade.

Le Sénégal fait figure d’exception parmi ses voisins d’Afrique occidentale. C’est le seul pays à ne pas avoir vécu un coup d’État depuis son indépendance. En 2000, lors des élections présidentielles, il renforce cette exemplarité en permettant l’alternance. La défaite d’Abdou Diouf qui avait succédé à Léopold Sedar Senghor en 1981 met fin à 40 ans de régime socialiste. Le libéral et éternel opposant, Abdoulaye Wade, gagne la présidence.

Mais au cours de son deuxième mandat, des signaux de dérive autoritaire commencent à inquiéter. En 2009, le président sénégalais nomme un nouveau gouvernement dans lequel il inclue son fils Karim, alors que celui-ci vient d’essuyer une défaite aux élections municipales.

Malgré la pauvreté, le chômage de masse et les infrastructures défaillantes, Abdoulaye Wade fait construire une statue géante à la gloire de la Renaissance Africaine pour célébrer les cinquante ans de l’indépendance du Sénégal. L’œuvre, en bronze, a coûté quelque 15 millions d’euros … elle va provoquer le courroux de l’opposition.

“C’est un monstre économique dans le contexte de crise que nous connaissons, crise financière précédée d’une crise alimentaire et d’une crise énergétique. Nous disons également que c’est un scandale financier” estimait alors Ndèye Fatou Touré, députée à l’Assemblée nationale et membre du Mouvement Tekki.

A présent, c’est un “coup constitutionnel” que dénonce l’opposition sénégalaise. Le 27 janvier le Conseil constitutionnel, s’il a validé la candidature de Wade, a refusé celle du musicien Youssou Ndour, au motif d’un défaut de signatures. Youssou Ndour : “L’histoire s‘écrit aujourd’hui au Sénégal , nous n’allons pas accepter autre chose que notre constitution, et elle est très claire, Wade n’a pas le droit d‘être à nouveau candidat. C’est mon dernier mot là dessus, et nous sommes prêts.”

L’opposition, entrée en résistance active et pacifique, promet de rendre le pays ingouvernable pour faire plier le président avant les élections du 26 février.

Euronews a évoqué le contexte électoral au Sénégal avec Thijs Berman. Il s'est dit inquiet face aux violences et a estimé qu'il fallait "une transparence complète de la part du Conseil constitutionnel."

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