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L'Union européenne doit-elle adopter le confédéralisme

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L'Union européenne doit-elle adopter le confédéralisme

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“Bonjour, je suis Giacomo et je suis Italien. Pourquoi l’Europe n’adopte-t-elle pas comme système politique le confédéralisme, flexible et central comme en Suisse ?”

Pascal Delwit, Professeur de Science politique à l’Université libre de Bruxelles :
“Le confédéralisme est en général une situation transitoire et si on prend le cas de la Suisse, elle s’appelle certes Confédération helvétique, mais c’est un Etat fédéral. Elle est confédérale à l’origine, c’est-à-dire un assemblement de cantons, un assemblement d’entités qui mettent ensemble un certain nombre de compétences, mais quand ça devient quelque chose de structurel, bien sûr, on passe à l’Etat fédéral. L’autre exemple bien connu, c’est évidemment les Etats-Unis.

Alors faire une comparaison avec l’Union européenne a un certain sens, mais en même temps, il faut bien voir 2 choses :
d’une part, l’Union européenne n’est pas un Etat comme la confédération helvétique ou comme les Etats-Unis, et d’autre part, l’Union européenne est un modèle sui generis (NDLR : “de son propre genre”), c’est-à-dire ce sont des Etats indépendants qui acceptent de mettre en commun un certain nombre de compétences, de fonctionner d’une certaine façon, mais pas toutes les compétences.

Et très clairement, le deuxième point de vue, c’est qu’il y a aujourd’hui de nombreuses réticences pour aller vers plus de logique fédérale.
Ce qui s’oppose à aller de l’avant vers plus de fédéralisme de manière générale, c’est un certain nombre d’Etats ou un certain nombre de forces politiques.

Vous avez un certain nombre d’Etats qui sont d’accord et qui ont été d’accord pour entrer dans l’Union européenne, dans le mode de fonctionnement de l’Union en particulier par l’attrait que représentait le grand marché unique c’est-à-dire la possibilité d’avoir une libre circulation des personnes, une libre circulation des marchandises dans un espace très important, mais qui ne sont pas d’accord pour transférer un certain nombre de prérogatives, un certain nombre de compétences, un certain nombre de pouvoirs qu’ils détiennent en tant qu’Etats à part entière.

Ça peut être bien sûr la défense qui est une question sensible, songeons aux puissances nucléaires que sont la Grande-Bretagne ou la France, par exemple.

Mais ça peut être d’autres domaines comme la politique sociale : l’essentiel de la politique sociale appartient toujours aux Etats par exemple, ou des grandes questions de société. Donc ce sont des Etats ou des forces politiques que l’on qualifie d’ailleurs parfois d’eurosceptiques.”

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