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Grèce : la charité comme remède à l'austérité

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Grèce : la charité comme remède à l'austérité

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Réservée avant 2010 aux marginaux et aux immigrés, la soupe populaire attire chaque jour davantage de nouveaux pauvres – chômeurs, retraités, familles monoparentales – sacrifiés sur l’autel de la rigueur.

La municipalité d’Athènes et l’Eglise orthodoxe grecque ont du mal à faire face.

“Filmez, filmez, dit une bénévole, pour que les étrangers voient notre détresse ! Ô mon pauvre pays.”

La fréquentation de ce centre de la Fondation Sitisis a augmenté de 26 % entre octobre 2010 et octobre 2011. On vient y chercher nourriture et hébergement. Les responsables s’attendent à pire.

“On espère qu’on va pouvoir continuer. On redoute une explosion de la détresse alimentaire,” admet Giorgos Apostolopoulos, président de la Fondation Sitisis, gérée par la mairie d’Athènes.

Actuellement, 2.000 personnes viennent chaque jour chercher un repas chaud ici.

Mais le chômage affecte à présent près de 19% de la population active, les salaires et les retraites ne cessent de baisser, quand encore ils sont versés. Après quatre ans de récession, les Grecs, malgré leurs efforts, ne voient toujours pas le bout du tunnel.

“Même le fonds monétaire international – institution qui n’est pourtant pas connue pour sa sensibilité sociale – reconnaît que la Grèce a fait beaucoup en matière d’austérité ces deux dernières années. Et que le plus lourd du fardeau est sur les épaules de la population,” explique notre envoyée spéciale à Athènes, Laura Davidescu.

Alors que le gouvernement Papadémos veut imposer une énième cure d’austérité pour décrocher une nouvelle aide internationale, les Grecs se braquent.

Au menu une fois de plus : des baisses de salaires et des suppressions de postes dans la fonction publique, bref une paupérisation accrue.