Alex Taylor, euronews :
“Médias d’opposition fermés, contrôle accru du gouvernement sur les systèmes judiciaires et bancaires, le Président de la Commission européenne exprimant ses inquiétudes quant à un déclin de la démocratie… Que se passe-t-il exactement en Hongrie ? Vous avez une chance de poser vos questions au ministre d’Etat hongrois de la Communication gouvernementale, Zoltan Kovacs, qui nous rejoint de Budapest. Bonjour monsieur Kovacs.
Juste une question : l’existence-même de votre poste n’est-elle pas déjà plutôt alarmante ? La plupart des gouvernements ont un porte-parole mais un Ministre pour la communication, est-ce que ce n’est pas révélateur de problèmes ?
Zoltan Kovacs, ministre d’Etat hongrois de la Communication gouvernementale :
“Eh bien, ce bureau existe en fait depuis le début de notre mandat, soit depuis mai 2010, et il y a une bonne raison à cela : la communication politique est juste un élément de ma fonction.”
Alex Taylor:
“Très bien, prenons la première question ici sur Italk pour Budapest.”
“Bonjour monsieur le Ministre, mon nom est Timo Macala. je viens de Finlande, un pays dont vous savez certainement tout du fait de nos relations bilatérales. En tant qu’ancien journaliste, je voudrais savoir si des progrès ont été faits en ce qui concerne la liberté de parole et d’expression. Je fais référence aux problèmes soulevés l’an dernier par la Commission notamment. Pourriez-vous élaborer sur cette question s’il vous plaît ? Merci.”
Alex Taylor:
“Un grand débat l’an dernier déjà. Club Radio, on en a beaucoup parlé, a été obligée de fermer. Est-ce que l’opposition a le droit de s’exprimer aujourd’hui en Hongrie, et si oui, où ?
Zoltan Kovacs:
“Eh bien la question en elle-même est bizarre. La liberté d’expression et la pluralité des médias sont pleines de vie dans ce pays. En fait, il y a un an, nous avons adopté une nouvelle loi, et ce après une impasse de 14 ans concernant les médias publics et aussi l’application des fameux standards audiovisuels introduits par l’Union européenne.”
Alex Taylor :
“Mais pourquoi le Parlement européen s’inquiète tant de vos politiques ? Pourquoi certains journalistes font-ils la grève de la faim ?”
Zoltan Kovacs:
“Vous aurez toujours des gens qui exprimeront leur opinion de façon extrême, mais je voudrais vraiment faire objection à toute généralisation. Et en fait, mettre en avant le cas de Club radio ou les grèves de la faim revient à pointer deux exceptions trompeuses sur la manière d’exprimer une opinion.
Si vous regardez partout ailleurs dans ce pays, vous vous rendrez compte que la parole est absolument libre. Nous, en tant que gouvernement, acceptons autant de critiques que possible, donc, si vous regardez bien, vous pouvez voir que la liberté de parole est en pleine forme dans ce pays.”
Alex Taylor :
“Une autre question pour Monsieur Kovacs à Budapest.”
“Bonjour, je m’appelle Alessandra, je suis une étudiante de Belgique. Une amie à moi est partie en Hongrie et elle m’a raconté son voyage. Elle m’a raconté les discriminations qu’il y avait envers les Roms dans son pays et on se demandait : que faites-vous de la charte de droits de l’Homme, du respect des gens dans ce pays ? Et voilà !”
Alex Taylor :
“Quand votre Premier ministre est venu au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit a dénoncé un retour à un Etat totalitaire, il a aussi estimé que les Juifs et les Roms avaient des raisons d’avoir peur de vos 47 députés d’extrême-droite.”
Zoltan Kovacs:
“Il y a tellement d’autres pays en Europe où l’extrême-droite ou des partis d’extrême-droite sont présents. Je voudrais vous rappeler que la question des Roms n’est pas du tout un phénomène nouveau en Hongrie, ni en Europe centrale et ni, en fait, en Europe.
Nous vivons avec les Roms depuis cinq ou six siècles et certainement, après la chute du communisme, beaucoup aurait dû être fait pour intégrer cette communauté de la manière dont les sociétés d’Europe de l’Ouest sont supposées le faire. C’est pourquoi, l’an dernier, au cours de la première moitié de la présidence hongroise de l’Union, nous avons introduit notre initiative en vue de l‘élaboration d’une stratégie européenne pour les Roms. Il est apparu que nous étions le premier pays parmi les 27 à exposer et soumettre ses idées sur la façon de procéder avec ce genre de stratégie pour les Roms.”
Alex Taylor:
“Mais pourquoi pensez-vous que le Président de la Commission européenne et Hillary Clinton ont écrit à votre Premier ministre pour exprimer leur inquiétude pour la démocratie et le traitement des minorités ?”
Zoltan Kovacs:
“C’est une question étrange. Soulever l’inquiétude générale doit encore une fois être considéré comme l’expression d’une opinion politique. En fait, nous sommes le gouvernement qui, après huit années de mauvaise gestion, de mauvaise gouvernance, a introduit des mesures contre l’extrême-droite. Nous avons interdit les parades des organisations paramilitaires. Nous avons introduit une stratégie pour intégrer les Roms et en fait, c’est à Budapest et en Hongrie que vit la plus grande communauté juive d’Europe centrale, une des plus grandes d’Europe. Il y a une culture juive florissante ici, qui est partie intégrante de la culture hongroise.
Alex Taylor :
“Prenons une autre question pour monsieur Kovacs à Budapest.”
“Paul Mc Powell, de Liverpool dans le Merseyside. Je me demande juste quel rôle pensez-vous que la Hongrie aura dans la zone euro à l’avenir ?”
Alex Taylor:
“Voulez-vous adopter l’euro ? Quel est votre position ? En serez-vous capable étant donnés vos problèmes financiers actuels ?”
Zoltan Kovacs:
“Ce n’est pas une question de souhaits ou d’intentions. Quand nous avons adhéré à l’Union européenne en 2004, le pays a décidé qu’il allait rejoindre la zone euro aussi vite que possible, et bien sûr il y a une procédure que nous devrions entreprendre. En fait, l’adoption de la monnaie européenne n’est pas une option immédiate pour la Hongrie. Comme nous le voyons autour de nous, beaucoup de questions doivent obtenir des réponses non seulement de la part de ceux qui sont sur le point de rejoindre la zone euro, mais aussi de ceux qui en sont déjà membres.”
Alex Taylor:
“N’avez-vous pas l’impression que votre gouvernement est humilié quand il est obligé de remplir des conditions pour obtenir des financements de l’Union européenne et du Fonds monétaire international ? Vous avez été obligés de changer votre politique. N’est-ce pas un peu humiliant pour vous ?”
Zoltan Kovacs:
“Encore une fois, le vocabulaire que vous, et que ceux qui posent cette question utilisent, est très intéressant. Il n’y a aucune humiliation sur ce sujet. Nous devons le régler avec pragmatisme.
Il y a deux ans ou un an et demi, le pays était au bord de la faillite. En un an et demi, nous sommes parvenus à ramener le déficit public sous les 3% du PIB. Nous avons déjà publié des fondamentaux économiques solides qui montrent que nous avançons dans la bonne direction. En fait, il y a beaucoup de volatilité sur les marchés financiers, pas seulement en Europe ou dans la zone euro, mais dans le monde entier. Et bien sûr, la Hongrie ne peut pas vraiment y échapper. Donc, ce que nous demandons, en ce moment, c’est un filet de sécurité et l’assurance que nous serons capables de poursuivre les réformes structurelles, les mesures qui sont en train de remettre durablement le pays sur les rails.”
Alex Taylor :
“Une dernière question pour Zoltan Kovacs à Budapest dans Italk.
Berta, Autriche :
“J’ai assisté à un congrès très intéressant sur la liberté religieuse au Parlement européen, où je travaille, et j’y ai entendu que les écoles religieuses en Hongrie sont aujourd’hui mieux aidées financèrement par l’Etat que les écoles publiques. Je voulais vous en féliciter et voulais vous demander si votre gouvernement est à l’origine de cette nouvelle législation ?”
Alex Taylor :
“Parlez-nous de ces financements. Donnez-vous plus aux écoles religieuses et si oui, pourquoi ?”
Zoltan Kovacs :
“Nous ne leur donnons pas plus de fonds, nous leur donnons la même somme pour soutenir l‘éducation qu’aux écoles non religieuses. Je veux dire que les mesures que nous avons prises sur les 18 mois écoulés ont pour objectif d’en finir avec la discrimination qui existait entre les écoles publiques et les écoles religieuses. C’est en réalité l’essence de ces mesures.”
Alex Taylor:
“Juste une dernière question monsieur Kovacs. Si votre politique est si juste, pourquoi est-ce que votre parti est en train de perdre du terrain dans les récents sondages?”
Zoltan Kovacs :
“Si vous regardez les résultats des élections partielles, nous les avons toutes remportées avec le même score qu’aux élections législatives de 2010. Si vous regardez le tableau général à mi-mandat, bien sûr, nous avons dû prendre des décisions très difficiles. C’est un phénomène répandu à mi-mandat de voir l’intérêt de la population pour la politique décliner, ou de voir les opinions favorables baisser pour le gouvernement ou les partis qui gouvernent. Mais nous sommes confiants quant à la capacité des mesures que nous avons introduites au cours des 18 derniers mois à nous ramener durablement sur le droit chemin. Et encore une fois, nous allons regagner ces voix qui s‘éloignent à mi-mandat du fait de l’arithmétique politique.”
Alex Taylor :
“Zoltan Kovacs depuis Budapest, merci beaucoup d’avoir répondu à ces questions. Comme vous le voyez, vous posez les questions et je m’assure que vous obteniez des réponses sur Italk. Du Parlement européen, ici à Bruxelles, je vous dis à très bientôt.”
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Ellen Townsend
Policy Director du Conseil Européen de la Sécurité des Transports (ETSC)
29/05/2012
Le nombre de morts a chuté de 42% depuis 2001, mais plus de 30000 personnes meurent encore sur les routes de l'UE chaque année. Comment rendre les routes européennes plus sûres ?
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