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La Birmanie est-elle en train de devenir une démocratie


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La Birmanie est-elle en train de devenir une démocratie

Aung San Suu Kyi en campagne électorale pour les législatives partielles du 1er avril, c’est la nouvelle image de la Birmanie.

A 66 ans, la dame de Rangoun a enfin la possibilité de revenir dans le jeu politique à la faveur du nouveau pouvoir en place.

Le prix Nobel de la paix brigue un siège de députée et aussi peut-être de plus hautes fonctions politiques.

Impensable au cours de ces deux dernières décennies. L’opposante birmane a passé 15 ans en résidence surveillée, elle n’a jamais été autorisée à prendre le pouvoir malgré sa victoire aux élections en 1990. Pas question de voyager ni de s’exprimer publiquement. Seule liberté: recevoir des visites.

Le président Thein Sein a initié un vaste et surprenant mouvement de réformes depuis l’auto-dissolution de la junte militaire il y a un an. Direction la démocratie et l‘économie libérale.

Pour saluer l’accélération des réformes, l’Union européenne a promis 150 millions d’euros supplémentaires d’aides à la Birmanie.

Le scrutin du 1er avril est jugé essentiel pour une possible levée définitive des sanctions. La Birmanie espère aussi se débarasser définitivement de son image de dictature.

“Ce qui ce passe ici est durable mais gardons les yeux ouverts” : c’est le sentiment d’Andris Piebalgs le commissaire européen en charge du Développement après sa rencontre début février avec l’opposante birmane Aung San Suu Kyi et le président Thein Sein. Il revient sur sa visite en Birmanie.

Isabel Marques da Silva, euronews

Bienvenue sur euronews commissaire Piebalgs.
Quelles sont vos impressions après vos contacts avec la société civile. Est-ce qu’on croit croit vraiment à un changement permanent vers la démocratie ?

Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du développement

“Si je regarde la société birmane, elle pense vraiment à un changement irréversible.
Mais il y a encore des points à éclaircir parce que le processus est encore très fragile.

Il y a des élections le 1er avril et la bonne nouvelle c’est qu’Aung San Suu Kyi sera partie prenante. Mais comment on va arriver aux élections, ce n’est pas encore très clair.”

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Vous avez rencontré le principal leader de l’opposition, Aung San Suu Kyi et aussi le président birman. Qu’attendent-ils de l’Union européenne, et qu’est-ce que l’Europe est prête à leur donner ?

Andris Piebalgs, commissaire européen en charde du développement

“Là où ils se rejoignent, c’est dans leur exigence de voir l’Union européenne porter plus d’attention à la Birmanie, parce qu’ils ont hâtes d’accroître les relations politiques et économiques avec l’Union européenne.

Le président nous a assuré que les élections seraient libres, justes et crédibles, mais il a insisté sur le fait que des relations politiques seules ne suffisent pas pour changer la Birmanie.”

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La Birmanie a besoin d’argent.

Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du développement:

“La Birmanie a besoin d’argent, surtout d’investissements étrangers directs.”

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L’aide au développement a énormément augmenté. Sur place, vous avez promis 150 millions d’euros. Quels sont les secteurs qu’il faudrait cibler ?

Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du développement :

“Nous avons beaucoup investi dans la santé, nous avons fait beaucoup pour le sida, le paludisme et la tuberculose. Le pays est vraiment assailli par ces maladies.

Nous avons aussi investi dans le secteur de l‘éducation afin que les enfants puissent avoir accès à l‘éducation. Donc, plus d’un million d’enfants ont une chance d’accéder à l‘éducation.”

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Quoi qu’il en soit, vous avez dit que le président avait indiqué que les élections seraient libres et justes. Si c’est le cas, l’Union européenne va-t-elle lever les sanctions encore en vigueur ?

Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du développement:

Les élections sont un élément crucial mais ce n’est pas le seul parce que le processus exige un développement permanent.

Par exemple, les prisonniers politiques, beaucoup ont été libérés, il y a un système crédible en place afin que tous les prisonniers d’opinion soient libérés mais il est important d’avoir une continuité. Il y a des règles de droit qui ont été mises en place.

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Sur ce sujet, commissaire, l’Union européenne soutient-elle une commission d’enquête des nations unies sur la violation des droits de l’homme à grande échelle ?

Andris Piebalgs, commissaire européen en charge du développement:

“Je pense qu’il est important de voir comment les Birmans voient cela et je pense qu’ils ont maintenant une société pluraliste avec Aung San Suu Kyi, qui joue un rôle de premier plan.

Je crois que le meilleur moyen c’est que le pays règle lui-même ce problème et tous les défis.

Et si c’est une véritable société démocratique, une société de droit, elle réglera cette question non pas en raison de la pression extérieure, mais grâce au développement en interne.”

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

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