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Le Dialogue pour la Méditerranée et les révoltes du monde arabe


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Le Dialogue pour la Méditerranée et les révoltes du monde arabe

Le printemps arabe et ses conséquences, sujet central de la rencontre des ministres des Affaires étrangères du Dialogue pour la Méditerranée, qui se tenait lundi à Rome. Deux ans s‘étaient écoulés depuis leur dernière rencontre et le chef de la diplomatie française s’est dit satisfait:

Alain Juppé:
“J’ai été heureux de voir qu’il y avait un consensus, une unanimité autour de la table pour relancer l’union pour la méditerranée sur des projets concrets que vous connaissez”.

Le Dialogue pour la Méditerranée regroupe l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal.

Cette fois, aux questions de coopération régionale,
de sécurité et d’immigration à l’agenda, s’est ajouté le dossier syrien, et la rencontre de Tunis.

Alain Juppé :
“Nous avons aussi beaucoup parlé de la Syrie et de la préparation de la réunion de Tunis ce 24 février, nous sommes d’accord sur l’objectif qui est de soutenir le plan de la Ligue arabe, d’arrêter le plus vite possible les violences, la répression à laquelle le régime se livre mais aussi l’engagement d’un processus de sortie de crise qui soit un processus politique, et de ce point de vue la proposition de la Ligue arabe fait notre unanimité”

Après l’impasse au Conseil de Sécurité, l’italien Giuilio Terzi, qui co-présidait les travaux de Rome avec son collègue tunisien s’est félicité que l’opposition syrienne soit présente à la rencontre des amis de la Syrie organisée par la ligue arabe à Tunis.

La Tunisie, qui poursuit sa transition politique. Rafik Abdessalem :

“Bien sur nous sommes dans un processus démocratique, une transition démocratique en Tunisie a assuré le chef de la diplomatie
tunisienne à Rome. Ce n’est que le début, les choses avancent, cela ne signifie pas que c’est le paradis, nous avons des difficultés ici et là, nous sommes seulement dans la seconde phase de la transition, la première, c’est une révolution pacifique, nous avons réussi à stabiliser le pays, et en deuxième temps, nous avons eu une élection démocratique le 23 octobre… Je pense que le pays va dans la bonne direction.”

Alors que juste à coté, la situation en Libye elle, s’est détériorée, la stabilité régionale est plus que jamais une raison pour les pays de la Méditerranée de se comprendre et de travailler ensemble. Le travail ne manque donc pas.

OKLes commentaires de l’analyste italien
Luigi Spinola

Monica Pinna, euronews:
“Nous sommes avec Luigi Spinola, journaliste, expert en politique étrangère et analyste politique.
Lors du récent sommet de Rome, le Forum de la Méditerranée a affirmé sa volonté d‘être un organe flexible et un interlocuteur fiable avec les pays de la rive sud. Dans quelle mesure les pays de la Méditerranée peuvent ils avoir un rôle dans la transition en cours dans les pays du “Printemps Arabe?”

Luigi Spinola, journaliste:
“Sur cette rive de la Méditerranée, sur la rive nord, on craint que la crise économique et sociale fasse d’une certaine manière dérailler la transition politique et génèrer une nouvelle phase d’instabilité. Très concrètement, on travaille donc pour relancer l‘économie, et cela aussi en augmentant les ressources que l’Union européenne offre aux pays de la rive sud dans le cadre des politiques entre pays voisins vers la Méditerranée. Et concernant les équilibres internes à l’Union Européenne, cela signifie que des pays comme l’Italie et la France d’abord, devront travailler, et sont en train de travailler, pour convaincre les pays les plus au nord, qui ont des intérèts différents, orientés plus à l’est, de porter une attention plus grande et donc de plus grandes ressources aussi aux pays du sud”.

Euronews:
“Le ministre aux Affaires Etrangères Giulio Terzi a parlé de la nécessité d’action “concrète”. Est-ce possible de la part des pays de la Méditerranée alors que, sur la Syrie, le Conseil qu‘à propos de la Syrie, le Conseil de Securité de l’Onu est dans l’impasse avec le vétode Chine et Russie?”

Luigi Spinola:
“Il faut naturellement rester optimisme. Le club des pays de la Méditerranée a une spécificité: il a des membres et des compositions différentes parce que sur la rive sud, des pays comme la Tunisie et la Libye sont d’accord sur le changement en Syrie. Mais il y en a d’autres, comme l’Algérie, qui sont beaucoup plus sceptiques et opposés à toute forme d’ingérence dans les questions politiques d’autres pays arabes. Cela peut être un obstacle quand on essaie de faire une pression plus grande sur Damas, mais si l’on veut rester optimiste, je le répète, il peut y avoir des opportunités de
négociations entre les parties.”

Euronews:
“Les nouveaux équilibres au sein des pays de la rive sud impliquent aussi des ouvertures au niveau économique, en particulier dans le secteur de l‘énergie. Le seul pays touché par le “Printemps arabe“qui peut contribuer vraiment à la fourniture d’hydrocarbures, c’est la Libye. Mais ce marché énergétique tarde à s’ouvrir. Pourquoi et quelles sont les perspectives?”

Luigi Spinola:
“Evidemment, l’occasion d’avoir une sécurité énergétique garantie par la Libye dépend d’abord du processus de stabilisation en cours, et de ce point de vue on n’a pas de bonnes nouvelles en provenance de Tripoli, parce que l’autorité centrale a beaucoup du mal a contrôler la situation, surtout l’activité des hommes armés. A long terme, la collaboration entre les pays européens de la rive de la Méditerranée pourrait évidemment devenir aussi une compétition pour saisir les nouveaux contrats qui seront tirés au sort par l’autorité libyenne”.

Euronews:
“Comment va s’insèrer l’Europe dans ce jeu d‘équilibres et de compétition?”

Luigi Spinola:
“L’Europe va avoir du mal dans ce contexte, car évidemment, en termes d’influence stratégique et d’intégration économique, il y a une concurrence croissante provenant de certains pays très entreprenants comme le Qatar et ces derniers temps la Turquie, laquelle entretient de très bons rapports avec les nouvelles autorités arabes. De l’autre coté, l’Europe, encore une fois, et comme cela s’est passé dans la phase initiale de la guerre en Libye, aura du mal à trouver un politique commune et à s’assurer que les intérêts nationaux, par exemple ceux de l’Italie et la France, ne deviennent pas plus importants que les intérêts de tous.”

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