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Russie : quelle place dans le monde?


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Russie : quelle place dans le monde?

Ce jour-là, les représentants américains assis au premier rang à la conférence sur la sécurité de Munich ne s’attendaient à cette déclaration musclée du Président russe : “Vous ne pouvez pas passer pour le Seigneur Tout-Puissant et prendre des décisions à la place des autres….”.

Plus tard, le discours de Vladimir Poutine sera qualifié de “nouveau départ de la guerre froide”, mais à ce moment-là, Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense se veut léger : “Ce discours m’a rendu nostalgique d’une époque moins complexe… ».

Pourtant l’année suivante, quand les bombes russes explosent en Géorgie, Robert Gates change de ton et d’expression : “M. Poutine cherche à réaffirmer les sphères traditionnelles d’influence de la Russie”.

Le dirigeant russe avait-il cette intention? Robert Gates avait-il raison? Aujourd’hui, l’influence internationale du Kremlin est-elle aussi flamboyante que les dorures du vieux palais?

Pour Alexeï Poushkov, chef du Comité des affaires internationales à la Douma, ce n’est pas le cas : “Restaurer son statut de superpuissance, ce n’est pas le but de la Russie. Dans le monde, il n’y a qu’une seule super-puissance aujourd’hui, avec les énormes problèmes et les conséquences que ce statut comportent…”

D’autres mettent en avant au contraire la progression d’une stratégie quasi néo-coloniale de la part de l’actuelle administration russe. Fiodor Loukyanov, analyste politique, est l’un d’entre eux.

«Les craintes vis-à-vis de la Russie ont sérieusement augmenté dans le monde, mais d’un autre coté, la Russie est considérée aujourd’hui comme un puissant acteur de la politique internationale, ce qui n‘était pas le cas quand Poutine est devenu Premier ministre et futur Président”.

Traditionnellement, la politique internationale de la Russie se mesure à ses relations avec Washington. Et ces 12 dernières années, le baromètre était au froid, sur fond de bouclier anti-missile américain, abandonné depuis. La Russie qui veut être respectée joue des muscles. Une remilitarisation lancée par Dmitri Medvedev, qui en a laissé beaucoup perplexes, aux Etats unis notamment:

A ce journaliste demandant qui dirige vraiment la Russie, Barack Obama répondra : “Je crois comprendre que M. Medvedev est le Président, et M. Poutine est le Premier-ministre».

Le mandat de Dmitri Medvedev s’achève, plus apaisé, mais la rhétorique anti-américaine demeure :

«Je suis à chaque fois surpris lorsqu’un jugement négatif envers une action américaine est taxé d’anti-américanisme commente Alexey Poushkov. Imaginez : des gens sont tranquillement assis chez eux et qui apprennent que les États-Unis ont commencé à bombarder quelqu’un, quelque part. Ces gens disent, c’est un scandale, et ils sont traités d’anti-américains… “

L’incompréhension entre la Russie et l’Occident est non seulement enracinée dans l’histoire. Elle s’explique aussi par les convictions personnelles de Vladimir Poutine selon l’analyste politique Fedor Loukyanov.

“Sa méfiance envers les États-Unis est extrêmement profonde. C’est une chose à laquelle il pense tout le temps et la seule chose en laquelle il croit. Et il ne se fonde sur des idées abstraites, mais sur l’expérience qu’il a tiré de ses relations avec les États-Unis au cours de ses deux premiers mandats présidentiels. “.

En Europe aussi, Vladimir Poutine fait l’objet de vives critiques. L’eurodéputé vert Werner Schultz est à l’origine d’une résolution réclamant des réélections à la Douma. Pour Werner Schultz, plus de démocratie renforcera la position de la Russie :

“Si la Russie évolue d’une manière démocratique, elle pourrait redevenir un centre de gravitation. Mais si la Russie tente d‘être à nouveau une superpuissance en piégeant d’autres nations et en les rendant dépendantes, ceci peut être dangereux”.

Le nouvel occupant du Kremlin l’entendra-t-il?
En tous cas, Vladimir Pourine, lui, a déjà donné le ton : “Nous ne permettrons à personne de s’ingérer dans nos affaires ou de nous imposer sa volonté. Nous avons notre propre volonté”.

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Ce jour là, les représentants américains assis au premier rang à la conférence sur la sécurité de Munich ne s’attendaient à cette déclaration musclée du Président russe :

“Vous ne pouvez pas passer pour le Seigneur Tout-Puissant et prendre des décisions à la place des autres”.

00:15

Plus tard le discours de Vladimir Poutine sera qualifié de “nouveau départ de la guerre froide”, mais à ce moment-là, le secrétaire américain à la Défense se veut léger :

00:26 Robert Gates, secrétaire américain de la Défense (2006-2011):

“Ce discours m’a rendu nostalgique d’une époque moins complexe… ».

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Pourtant l’année suivante, quand les bombes russes explosent en Géorgie, Robert Gates change de ton et d’expression…

00:42 Robert Gates, secrétaire américain de la Défense (2006-2011):

“M. Poutine cherche à réaffirmer les sphères traditionnelles d’influence de la Russie”.

00:52

Le dirigeant russe avait-il cette intention? Robert Gates avait-il raison? Aujourd’hui, l’influence internationale du Kremlin est elle aussi flamboyante que les dorures du vieux palais?

01:05

Pour Alexeï Poushkov, chef du Comité des affaires internationales à la Douma, ce n’est pas le cas:

01:15 Alexey Poushkov, chef de Douma comité international:

“Restaurer son statut de superpuissance, ce n’est pas le but de la Russie. Dans le monde il n’y a qu’une seule superpuissance aujourd’hui, avec les énormes problèmes et les conséquences que ce statut comportent… “.

01:22

D’autres mettent en avant au contraire la progression d’une stratégie quasi néo-coloniale de la part de l’actuelle administration russe. Fiodor Loukyanov, analyste politique, est l’un d’entre eux.

01:38 Fiodor Loukyanov, analyste politique

«Les craintes vis-à-vis de la Russie ont sérieusement augmenté dans le monde, mais d’un autre coté, la Russie est considérée aujourd’hui comme un puissant acteur de la politique internationale, ce qui n‘était pas le cas quand Poutine est devenu Premier ministre et futur Président”.

01:54

Traditionnellement, la politique internationale de la Russie se mesure à ses relations avec Washington. Et ces 12 dernières années, le baromètre était au froid, sur fond de bouclier anti-missile américain, abandonné depuis. La Russie qui veut être respectée joue des muscles. Une remilitarisation lancée par Dmitri Medvedev, qui en a laissé beaucoup perplexes, aux Etats unis notamment:

A ce journaliste demandant qui dirige vraiment la Russie, Barack Obama répondra :

“Je crois comprendre que M. Medvedev est le Président, et M. Poutine est le Premier-ministre».

00:23

Le mandat de Dmitri Medvedev s’achève, plus apaisé, mais la rhétorique anti-américaine demeure :

02:32 Alexey Poushkov, chef de Douma comité international:

«Je suis à chaque fois surpris lorsqu’un jugement négatif envers une action américaine est taxé d’anti-américanisme. Imaginez : des gens sont tranquillement assis chez eux et qui apprennent que les États-Unis ont commencé à bombarder quelqu’un, quelque part. Ces gens disent, c’est un scandale, et ils sont traités d’anti-américains… “

02:46
L’incompréhension entre la Russie et l’Occident est non seulement enracinée dans l’histoire. Elle s’explique aussi par les convictions personnelles de Vladimir Poutine selon l’analyste politique Fedor Loukyanov.

02:58 Fiodor Loukyanov, analyste politique

“Sa méfiance envers les États-Unis est extrêmement profonde. C’est une chose à laquelle il pense tout le temps et la seule chose en laquelle il croit. Et il ne se fonde sur des idées abstraites, mais sur l’expérience qu’il a tiré de ses relations avec les États-Unis au cours de ses deux premiers mandats présidentiels. “.

03: 18

En Europe aussi, Vladimir Poutine fait l’objet de vives critiques sévères. L’eurodéputé vert Werner Schultz est à l’origine d’une résolution réclamant des réélections à la Douma. Pour Schultz, plus de démocratie renforcera la position de la Russie :

03:38 Werner Schultz, député européen, Verts:

“Si la Russie évolue d’une manière démocratique, elle pourrait redevenir un centre de gravitation. Mais si la Russie tente d‘être à nouveau une superpuissance en piégeant d’autres nations et en les rendant dépendantes, ceci peut être dangereux”.

03:59

Le nouvel occupant du Kremlin l’entendra-t-il?

En tous cas, Vladimir Pourine lui a déjà donné le ton :

04:09 Vladimir Poutine

“Nous ne permettrons à personne de s’ingérer dans nos affaires ou de nous imposer sa volonté. Nous avons notre propre volonté”.

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(Applaudissements des foules)

04:24 FIN

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