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Serbie, un pas de plus sur la route vers l'Europe


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Serbie, un pas de plus sur la route vers l'Europe

Petit à petit, Belgrade se rapproche de Bruxelles. Hier, la Serbie a obtenu le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne, convoité de longue date. Mais la route est encore longue avant une adhésion, sans doute pas avant la fin de la décennie. Un pas historique, en tous cas couronnant les efforts du président réformateur Boris Tadic.

“C’est un grand pas, mais ce sera vraiment historique quand la Serbie passera la frontière, cette frontière magique, et deviendra un membre à part entière de l’Union européenne, et pourra profiter de tout son potentiel, accéder à ses financements, et à tout ce dont les membres de l’UE peuvent profiter.”

L‘épine dans le pied de la Serbie, c’est avant tout le Kosovo. Et sur ce dossier, les efforts de Belgrade ont payé. Après un accord trouvé en décembre sur la question cruciale des postes frontière entre Pristina et Belgrade, la semaine dernière, Belgrade répondait à une deuxième exigence européenne en acceptant que le Kosovo soit présent dans les réunions internationales comme toute autre nation, sans pour autant en reconnaître l’indépendance.

Autre obstacle levé: celui de la Roumanie qui a finalement donné son feu vert alors qu’elle était le dernier pays à s’opposer à ce statut de candidat.
Un compromis a été trouvé entre Bucarest et Belgrade pour garantir le respect des droits de la minorité roumaine vivant en Serbie, forte de 30 000 personnes.

La livraison des criminels de guerre à la Haye aura également joué en faveur de la Serbie.

Mais il lui reste maintenant à s’aligner sur les standards européens, notamment en matière économique.

L‘économie serbe est essentiellement basée sur les services qui représentent plus de 60% de son PIB.
Et elle reste très dépendante des financements extérieurs. En 2011, la croissance est repartie à la hausse. Le déficit est encore élevé, La dette publique dépasse les 44%. Quant au chômage, il atteint 20% de la population active.

Mais l’Europe en pleine crise est elle encore attrayante pour les serbes qui attendent cette adhésion depuis longtemps et qui ont dû se plier à toutes les exigences de Bruxelles? Selon un récent sondages, les serbes ne seraient plus que 48% à souhaiter cette intégration.

Parmi les anti-Europe, le parti radical, l’extrême- droite serbe, rassemblé hier autour d’une pétition de 200 000 personnes opposées à l’entrée du pays dans l’Union. En terme de voix, le parti est le plus puissant de Serbie, et Boris Tadic a utilisé cette puissance comme une menace, un épouvantail auprès des chefs d’Etat européens.

Les prochaines législatives auront lieu en mai. Le nouveau statut de la Serbie pourrait redonner espoir aux sceptiques, et réduire le score des ultra- nationalistes.

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