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Le Super Tuesday sigmatise les divisions chez les républicains

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Le Super Tuesday sigmatise les divisions chez les républicains

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Le Super Tuesday a souligné encore une fois les profondes divisions au sein de l‘électorat républicain, à huit mois de la présidentielle américaine. Et même si le favori Mitt romney a engrangé des points, les victoires de ses adversaires l’ont empêché de porter le coup décisif espéré.

Mitt Romney l’a emporté dans six Etats sur 10 ce mardi, mais il a gagné d’un cheveu dans l’Etat stratégique de l’Ohio. Une victoire poussive pour le multimillionnaire américain qui, s’il est toujours en tête au nombre de délégués, confirme ses difficultés à convaincre la base républicaine par son profil jugé trop modéré.

Face à lui, son principal rival, l’ultraconservateur Rick Santorum creuse son sillon parmi les électeurs les plus religieux et conservateurs. Il a remporté
trois Etats ce mardi, le Tennessee, l’Etat conservateur du sud, l’Oklahoma et le Dakota
du nord et n’est pas prêt à baisser la garde.

De son côté, l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich a obtenu une nette victoire dans son fief de Georgie.

Voilà sur cette carte en couleurs ou en sont les candidats. Mitt Romney, en rouge, a remporté 14 Etats, et rassemble le plus de délégués, mais il est encore loin des 1.144 délégués nécessaires pour décrocher l’investiture en août.

Contrairement au Super Tuesday de 2008, les consultations de ce mardi n’ont pas clairement favorisé un candidat, ni forcé l’un des prétendants à abandonner la course. Romney est parti pour gagner, mais il a encore du chemin à faire.

Le point sur ce Super Tuesday avec le politologue Jeffry Frieden.

Adrian Lancashire, Euronews :
Jeffry Frieden, merci d‘être avec nous. Quelle est votre analyse des résultats du Super Tuesday?

Je crois que la grosse nouvelle, c’est l’Ohio. La plupart des autres Etats ont voté comme on l’attendait. Gingrich devait prendre la Georgie, Romney bien sur était sensé l’emporter dans le Massachussets et le Vermont. L’Ohio c‘était le gros Etat en jeu. La bonne nouvelle pour Romney, c’est qu’il a gagné l’Ohio, la mauvaise nouvelle, c’est qu’il a gagné l’Ohio de justesse. C‘était assez serré pour laisser Santorum dans la bataille pour la suite, la suite proche du moins, de la primaire. Donc, le point important, je pense, c’est que Romney reste en tête, et reste le favori, mais les résultats ont été suffisamment bon pour Santorum et Gingrich pour qu’ils restent tous les deux en course. Et la course va donc continuer.

Euronews :
Certaines courses à l’investiture nous donnent une idée claire dès le début, mais cette fois, il y a plus de suspense. Au final, que saura-t-on de plus sur l‘électorat républicain?

Jeffry Frieden:
La campagne des primaires nous a dit beaucoup de choses sur le Parti républicain, et sur ces gens qui sont soit des militants du parti républicain, soit des sympathisants. Ce qu’on en retient, c’est que le parti républicain est très fragmenté. D’un coté, vous avez un noyau dur très important de militants extrêmement conservateurs qu’ils soient au Tea Party ou proche de lui, ou non des gens qui sont l’aile droite du parti républicain, qui tout simplement n’apprécient pas un candidat aux positions plus modérées, comme Romney. Donc d’un coté, on a un parti avec un courant d’extrême droite très, très fort, plus fort que jamais à mon avis, et de l’autre coté, on a un parti dont les responsables, et beaucoup de ses membres, aimeraient gagner en novembre, et réalisent qu’un candidat trop aux marges de la droite n’a pas d’espoir de toucher les électeurs indépendants. Et les indécis vont peser dans certains Etats clé ou va se jouer la bataille. Donc, c’est un parti républicain qui rencontre des dilemmes très sérieux, et apparait extrêmement fragmenté.

Euronews :
D’ou viendra la prochaine surprise?

Jeffry Frieden:
Les prochaines grosses primaires sont dans le Sud, le Mississipi et l’Alabama, je crois. La grosse surprise là bas, à mon avis, ce sera si Gingrich gagne ces Etats. Gingrich actuellement, se présente comme un candidat particulièrement populaire dans le sud. Santorum peut être un gros concurrent pour Gingrich, parce que Santorum attire les électeurs très conservateurs du sud. La plupart des observateurs estiment que Santorum est capable de faire de très bons résultats dans ces Etats du sud. Mais je pense que si Gingrich marque des points, s’il l’emporte dans ces Etats,
s’il l’emporte très clairement sur Santorum, alors il se remettra dans la course. Personne ne s’est demandé si Gingrich n’allait pas gagner en Georgie. Il était clair qu’il allait gagner chez lui… S’il avait perdu, il aurait été définitivement hors jeu. Mais c’est vraiment un candidat marginal. S’il revient fort dans les primaires du sud, alors il s’agira d’une course à trois, à l’opposé de ce qui se passe maintenant, surtout une course à deux. Je suivrai donc les primaires du sud pour voir si Gingrich est capable de se relancer dans la bataille.