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Insécurité et immigration : Marine Le Pen resserre sa campagne autour des thèmes de prédilection du Front National

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Insécurité et immigration : Marine Le Pen resserre sa campagne autour des thèmes de prédilection du Front National

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La présidentielle, c’est le rendez-vous de l’année 2012 pour les Français. Nicolas Sarkozy est candidat à sa propre succession. Face à lui, il y a notamment Marine Le Pen. La présidente du Front National est dans le peloton de tête.

Marine le Pen, c’est d’abord la fille de son père, Jean-Marie, le fondateur du parti. Pour elle, pas d’extrême-droite, mais une «droite patriotique». Une vision politique férocement nationale et anti-européenne. Des positions sécuritaires et anti-immigration tranchées, mais un discours qu’elle a volontairement lissé.

C’est à Marseille, deuxième ville de France, qu’elle a choisi de tenir un grand meeting. 3.000 personnes sont venus découvrir la présidente du Front National conduire sa première campagne présidentielle dans la lignée d’un père toujours très présent. Ce qui ne semble pas déranger militants et sympathisants : “Ça fait 30 ans que la famille Le Pen se bat pour la France. Elle est pour les gens normaux, pas pour les riches”, explique l’un d’eux, venu acclamer la candidate. Et un autre d,enchaîner : “Ce passage de flambeau s’est fait d’une manière qui était tout a fait dans le ton et dans l’espérance des adhérents et puis je crois du peuple, des Français qui ne sont pas encore forcément au Front National mais qui attendaient aussi autre chose”.

Tendance politique : extrême droite

• Site de campagne : www.marinelepen2012.fr
• Site du parti : www.frontnational.com
• facebook : MLP
• twitter : @mlp_officiel

Marine Le Pen convainc aussi les jeunes : “J’ai 18 ans: Marine Le Pen symbolise pour moi la France et notre avenir à nous les jeunes”. “Exceptionnelle, combative, tenace”, c’est ainsi que l’a décrit une sympathisante.

Ce que beaucoup redoute dans cette présidentielle, c’est un scénario que les Français ont connu en 2002. Véritable tremblement de terre dans la politique française. Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen, leader de l’extrême droite, battait de peu le candidat de gauche, Lionel Jospin, se retrouvant propulsé au second tour. Jacques Chirac l’emportera finalement avec plus de 82% des voix.

Depuis, Marine Le Pen a repris le flambeau. Elle a gravit les échelons au sein du Front National pour en prendre la présidence en janvier 2011 et commencer à imprimer sa marque et sa volonté de dé-diaboliser le parti. “Mon père a été avec beaucoup un éveilleur de conscience sur toute une série de problématiques qui aujourd’hui frappent la France de plein fouet et nous nous voulons être des bâtisseurs, c’est à dire ouvrir ce chapitre de l’histoire du Front National qui va nous porter au pouvoir, explique-t-elle. C’est notre volonté et nous nous mettons en ordre de bataille pour accéder au pouvoir et appliquer nos idées”.

Et pour celà, elle s’est entourée. Gilbert Collard était présent au meeting de Marseille. Le très médiatique avocat marseillais est président du comité de soutien à Marine Le Pen. Pour lui, c’est “une femme courageuse qui puise toute son énergie, ce qui est rare aujourd’hui, dans des convictions qui ne sont pas improvisées en fonction d’une visée électorale”.

A Marseille en tout cas, dans une région terre d’immigration, où le FN fait historiquement de bons résultats, la candidate a consacré l’essentiel de son discours aux thèmes de l’immigration et de la sécurité.

Marine Le Pen : “A l’assimilation, on a commencé à préférer l’intégration. Puis à l’intégration, on a substitué l’absence totale d’exigences à l‘égard des étrangers admis sur le territoire français. Ce sont aujourd’hui des étrangers beaucoup plus nombreux qu’autrefois et bien trop souvent sûrs de leurs droits à imposer leurs coutumes au peuple français, qui débarquent chaque année sur le territoire.” Faisant référence aux règlements de compte armés qui se sont multipliés ces derniers mois dans les quartiers Nord de Marseille, la candidate poursuit : “Quand on voit des quartiers entiers autour des villes, et même désormais dans les villes et même des villes livrées à la loi des bandes, oui on peut légitimement s’alarmer. Marseille est devenu le triste symbole du terrible échec de Nicolas Sarkozy sur l’insécurité… Où est-il le Kärcher ?”.

Et si la candidate renvoie dos à dos le candidat du PS François Hollande et de l’UMP Nicolas Sarkozy, sa cible principale reste le président sortant : “Nicolas Sarkozy répète ses promesses non tenues de 2007 d’ailleurs il ne fait plus que ça… J’ai enregistré une émission ce matin. Vous ne trouvez pas que j’ai l’air plus jeune ? C’est parce que tous les samedis je prends une cure de rajeunissement de 5 ans, j‘écoute Nicolas Sarkozy faire les mêmes promesses qu’en 2007”.

Reste les questions internationales et notamment celle de l’Europe. La sortie de l’euro qu’elle prône n’a pas été abordée à Marseille, la députée européenne s’en tient à l’Europe des Nations : “Dès mon élection à la présidence de la République,
j’engagerai sous la responsabilité du ministère des Souverainetés une vaste renégociation des traités européens. Je le ferai avec les nations amies, avec les nations d’Europe qui voient monter chez elles, comme nous en France, ce souhait démocratique de construire enfin l’Europe des peuples”.

Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur du Front National, a assisté au discours de sa fille. A la fin du meeting, il est monté sur scène pour chanter la Marseillaise.